AIRBUS , VW … ET APRES, A QUI LE TOUR ?


Licenciements massifs, accroissement de la productivité, flexibilité, contrats précaires… Tout cela nous est présenté comme une fatalité, comme le résultat de la concurrence avec des travailleurs d’un autre site industriel, d’un pays où les salaires sont plus bas, des immigrés sous-payés.

Mais cette « fatalité » est celle de la logique capitaliste qui recherche le profit à tout prix. Et ce profit, c’est de l’exploitation des travailleurs que le système le tire. Travailleurs qu’il menace, presse comme des citrons pour les jeter lorsqu’ils deviennent excédentaires. La mise en concurrence des travailleurs entre eux n’a que deux objectifs : cacher la cause réelle de l’exploitation et des licenciements et briser la solidarité qui unit les exploités.

La cause des licenciements massifs se trouve dans le fonctionnement du système où la recherche du profit provoque une surproduction massive avec, en parallèle, un appauvrissement tout aussi massif. Qu’il s’agisse d’éponger les profits menacés, comme pour Airbus, ou accroître encore des profits déjà plantureux, comme pour VW, le résultat est le même : le système capitaliste est une machine à broyer les humains. Seul compte la poursuite du cycle de valorisation du capital et l’homme n’y est qu’une marchandise parmi les autres, une pièce utile pour un temps à la production. Il apparaît de plus en plus clairement que l’objectif du système est bien là : dans la production de profit pour son propre développement et pas dans la production de biens destinés à répondre aux besoins humains.

Comme d’habitude, la classe dominante tient des discours destinés à immobiliser toute réaction de révolte de la part des travailleurs : déclarations des candidats à la Présidentielle en France et d’Angela Merkel en Allemagne qui, la main sur le cœur, se disent prêts à défendre « leurs » travailleurs. Mais ce ne sont pas les mots qui apportent le pain et chacun sait que la logique économique capitaliste est une logique mondialisée et autonome. La classe dirigeante se fiche éperdument du sort des travailleurs licenciés et la seule chose qui lui importe est de prévenir tout débordement social.

Dans le même sens, les syndicats, organes de la gestion de l’exploitation au sein du système, ne remettent rien en question : ils se contentent de négocier les primes de départ, maigres miettes qui ne changent pas grand-chose au sort des travailleurs débarqués par la logique du profit.

Aucune perspective n’est envisageable dans un système qui crée toujours plus de surproduction et de chômage, de violence, de famines, de guerres, de destructions écologiques.

Notre seule force pour nous opposer à cette logique est notre solidarité de classe : les prolétaires du monde entier, chômeurs ou travailleurs, possèdent cette force de refuser la place dans laquelle le système capitaliste les enferme.

Un autre monde est possible : les capacités de produire ce qui est nécessaire à la vie de tous existent. Ensemble, nous pouvons créer les bases d’une société qui rende à l’être humain son droit à une existence humaine, une société au service de la satisfaction des besoins humains.

Perspective Internationaliste

Mars 2007


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