LA CHINE PEUT-ELLE SAUVER LE CAPITALISME ?


Partout dans le monde, les états capitalistes prennent des mesures d’austérité pour ralentir la croissance de leurs dettes. Il est évident que cette politique, puisqu’elle freine la consommation, en soi ne peut pas soutenir la croissance que l‘accumulation du capital nécessite.

D’ou donc peut venir le stimulant pour maintenir la machine en route ? Par manque d’alternatives, les yeux se tournent vers l’orient. Il parait que l’histoire, ironie suprême, a choisi la Chine “communiste” pour le rôle de sauveur du capitalisme mondial.

Quelle crise?

PI a analysé la crise actuelle non comme une simple occurrence cyclique dans le processus d’accumulation du capital mais comme produit de l’obsolescence de la base même du mode de production capitaliste, la forme-valeur. C’est elle qui continue à forcer la société capitaliste d’utiliser le temps de travail abstrait comme mesure de richesse, tandis que la création de richesse réelle est devenue moins dépendante de la quantité de temps de travail employée que de la connaissance générale et son application dans la production.

Cette prévision de Marx (dans les ‘Grundrisse’) se réalise pleinement actuellement. C’est dans cette contradiction galopante qu’il voyait la limite historique du capital. Il est devenu absurde pour l’humanité de baser les décisions sur quoi produire, comment, combien, ou et pour qui, sur la loi de la valeur. Cette absurdité se manifeste dans la simultanéité de la surproduction généralisée et la pauvresse extrême, dans l’incapacité croissante du capital d’exploiter la force de travail disponible, forçant l’expulsion accélérée de main d’œuvre hors de la production, tandis que l’argent cherche une sécurité illusoire dans des bulles financières.

Elle se manifeste dans les efforts d’imposer une pénurie artificielle aux marchandises qui autrement seraient abondantes et sans valeur (comme les biens digitaux). Elle se manifeste dans l’incapacité du capital d’arrêter la destruction de l’environnement bien qu’il sait que les désastres qui en résultent deviennent toujours plus menaçants. Elle se manifeste dans son incapacité de surmonter sa propre crise. Elle se manifeste toujours plus clairement mais les capitalistes, et tous ceux qui regardent le monde a travers cette fenêtre, ne la voient pas. Ils ne peuvent pas la voir. Le capital est soumis à la loi de la valeur comme un animal est soumis à sa propre nature. Il ne peut pas résoudre un problème dont la solution demande son abolition. Il ne peut donc rien faire de plus contre sa crise que combattre ses symptômes, souffler chaud et froid, alternant des mesures stimulantes et des mesures d’austérité, retarder l’inévitable descente. Que ces efforts pourraient provoquer des reprises, nous avons douté. D’ailleurs, indépendamment des mesures prises, l’économie capitaliste a toujours un caractère cyclique, même quand la tendance générale est vers l’approfondissement de la crise. Il n’est guère nécessaire d’argumenter que c’est le cas aujourd’hui. La crise s’aggrave et la reprise a du mal à le cacher.

La métamorphose de la valeur

L’accumulation du capital se passe par des cycles dans lesquels la valeur se métamorphose, d’argent en marchandises et de marchandises à nouveau en argent : A – M –A’. L’argent A (valeur abstrait) est le point de départ. Il achète les marchandises M, des moyens de production dont la valeur est transmis dans les marchandises qui résultent de leur consommation productive. Ces nouvelles marchandises sont vendues, ce qui transforme la valeur de nouveau en argent, A’. La seule raison pour laquelle l’argent du départ, A, se transforme en M, est que A’ est plus grand que A. La transformation est profitable.

L’analyse Marxiste dévoile que la source du profit, c’est la plus-value, la différence entre la valeur de la force du travail vivant que le capitaliste achète (qui, comme pour chaque marchandise, égale la quantité de travail abstrait nécessaire pour le reproduire) et la valeur que celui-ci crée pour lui (la quantité de travail abstrait performé).

De plus que la productivité s’accroit, moins de travail est nécessaire pour produire l’équivalent du salaire, donc de plus grande la partie de la journée de travail qui est plus-value. Mais cette plus-value ne peut jamais être plus grande qu’une partie de la journée de travail. Ce même accroissement de la productivité s’accompagne d’une diminution de la valeur du travail vivant relative à celle du travail passé (technologie, matériels, infrastructure) dans la production. De ce travail vivant, la plus-value n’est qu’une partie et elle tombe donc avec lui. Puisque le profit = plus-value, c’est un problème, surtout dans un monde qui marche de plus en plus sur des processus automatisés. La productivité ne sauve pas le capitalisme, au contraire, elle fait mâturer ses contradictions. De plus qu’elle augmente et se généralise, de plus la valeur de ce qui est produit tombe relativement à la valeur du capital investi.

Elle crée un autre problème dans l’étape suivante du cycle de la valeur, celle de la transformation des marchandises en argent, M-A’. Celle-ci ne se passe pas automatiquement. L’accroissement de la productivité ralentit la production de valeur mais accélère la production des valeurs d’usage. La consommation improductive peut toujours être en expansion mais la consommation productive reste limitée aux valeurs d’usage dont la production a besoin. Celles-ci ne s’accroîtront pas parce que la capacité de les produire s’accroit. Le marché essentiel consiste de la demande pour les biens de productions et pour les biens de consommation nécessaires pour la reproduction de la force du travail. C’est son expansion qui rend possible l’expansion de valeur dans le cycle suivant. C’est lui qui a terme est incapable de suivre l’accélération de la productivité. La surproduction générale de technologie (visitez des villes comme Detroit pour vous en convaincre) et surtout de main d’œuvre (prés de 2 milliards de sans-emplois) en témoignent.

Sans thésaurisation pas de valeur

Quand ces goulots sont réapparus dans les années 1970, âpres “trente années glorieuses” rendues possible par la guerre et l’expansion du marché mondial sous l’égide du dollar, la tendance générale était de gonfler A, pour soutenir la demande, pour stimuler A-M. La loi de la valeur punissait cette tricherie avec une inflation galopante. Les tentatives de la maitriser sur le dos de la classe ouvrière se heurtaient à une résistance intense. La croissance du capital fictif dans la circulation des marchandises dévalorisait l’argent et encourageait donc celui-ci à sortir de la circulation. Elle décourageait A-M, l’investissement productif, car l’inflation faisait la valeur réel des prix futurs imprévisible, et encourageait l’investissement spéculatif. A préférait rester A, au lieu de se transformer en marchandises. Mais il ne pouvait pas.

Le capitalisme ne peut pas survivre sans ‘trésor’, il faut que l’argent puisse se retirer de la circulation sans perdre sa valeur pour être réinjecté au moment opportun. Mais l’argent, la valeur abstraite, n’est pas stable. Son pouvoir réside dans sa capacité de se transformer en d’autres marchandises. Cela fait que la valeur du trésor reste dépendante d’une réelle valorisation, création de valeur, qui peut seulement se passer dans la phase M, dans la production. Sans cela, elle devient papier ou moins que ca. L’inflation signale que cette valorisation diminue par rapport à l’argent qui circule. Si l’argent thésaurisé est entrainé par la perte de la valeur de l’argent en circulation, la panique s’ensuit. L’accumulation devient sans but. L’argent cherche désespéramment refuge dans l’or ou les vieux tableaux et essaye de se protéger avec des taux d’intérêts exorbitants qui étranglent la production déjà paralysée…c’est un chemin possible vers l’effondrement.

La valeur est une abstraction objective, c’est à dire une construction sociale qui a pris l’apparence d’être objective, d’être une caractéristique intrinsèque des choses. Elle ne l’est pas. Au fond elle est un système de croyance qui s’écroule quand l’argent ne peut plus être thésaurisé.

La restructuration du capital depuis les années 1980 maitrisait l’inflation, redressait le taux de plus value et donc le taux de profit, et restaurait la confiance dans la thésaurisation. Nous avons analysés plus en détail comment elle a accompli cela dans d’autres textes (1). Rappelons ici le rôle crucial joué par la mondialisation. L’intégration mondiale des chaines de production et des marchés, la dérégulation et mondialisation du capital financier, l’émergence de la production post-Fordiste dans les pays avancés et le déplacement massif d’industrie Fordiste vers les pays de bas salaires.

La Chine a l’aide

La Chine a été de loin le pays qui a été changé le plus par ces restructurations. En quelques décennies, d’une situation de capitalisme autarcique, qui a échoué, elle est devenue la deuxième économie du monde et le premier producteur industriel. En 1990, elle produisait 3 % du produit industriel du monde, vingt ans plus tard 19,8%, détrônant ainsi les EU qui tenaient cette position depuis 110 ans (2).

Son expansion spectaculaire a bénéficié au capital de plusieurs manières : Ses produits bon-marché étaient la raison principale pour laquelle l’inflation restait bas, la combinaison de ses bas salaires et la technologie moderne rapportait des profits énormes aux investisseurs occidentaux et Japonais, et la menace réaliste de transplanter des usines en Chine aidait à restreindre les salaires dans les pays avancés.

Aussi par rapport à l’expansion du marché mondial, son impact a été crucial. Moins par l’ouverture de son marché interne (qui est certes large mais limité par la pauvreté extrême de la majorité de sa population) que par son effet indirect et paradoxal sur le marché de ses clients. Parce que son expansion était propulsée par la commerce extérieur, et parce que l’état Chinois maintenait la pression sur les salaires et donc sur la consommation de la classe ouvrière, puisque leur bas niveau est son arme compétitive principale, la Chine chaque année obtenait un excédent commercial croissant. Comme dans d’autres pays avant elle (surtout le Japon) dont l’expansion industrielle dépendait du marché américain, la Chine utilisait ces profits pour accumuler un trésor de dollars, de dettes publiques et de valeurs mobilières américaines.

En thésaurisant ces dollars, la Chine les retire de la circulation, maintenant ainsi le dollar plus fort qu’il ne serait réellement. C’est la raison principale : pour défendre sa position compétitive sur le marché vers lequel son industrie est essentiellement orienté. Pour la même raison elle achète la dette publique américaine, donnant ainsi à la Banque Fédérale les moyens pour stimuler la demande en baisant les taux d’intérêt. La stratégie de la Chine, avec ou contre son gré, est basée sur sa confiance dans le dollar US comme gardien de la valeur.

En vendant des marchandises au dessous de la valeur qu’elles auraient si elles étaient produites localement, et en acceptant un paiement qui est largement thésaurisé au lieu de demander un équivalent immédiat, la Chine, et d’autres pays dans une position semblable, non seulement stimulaient directement le pouvoir d’achat de leurs marchés, mais aussi indirectement, en contribuant à l’inflation de leurs actifs.

Le capital américain menait la danse. Avec ses taux d’intérêt approchant zéro (qu’il ne pourrait pas avoir maintenu sans la demande de la Chine et du Japon pour couvrir ses dettes), ses réductions d’impôts, la dérégulation, la privatisation, la marchandisation de services et finances, il gonflait la demande pour ses valeurs mobilières et immobilières et donc leurs prix. La confiance dans la capacité de trésorier la valeur était pleinement restaurée. En 2004 l’économiste Stephen Roach estimait que 80% des épargnes nettes du monde coulaient vers les EU.

Une partie croissante des profits du monde était siphonnée de la circulation générale vers le trésor américain. Apres l’éclatement de la crise, les politiques “néo-liberalistes” qui avaient stimulés cet arrangement, ont été sévèrement critiqués, car la crise avait dévoilé son caractère spéculatif. Mais, du point de vue capitaliste, quelle était l’alternative ? Les mesures qui auraient du être prises selon la gauche capitaliste, à savoir plus d’investissements productifs, si nécessaire dirigés par l’Etat, et l’augmentation des salaires pour stimuler la demande, n’auraient eu comme conséquence que la surproduction, et l’accélération de l’inflation se seraient exacerbée plus tôt.

L’arrangement “néo - libérale” avait du moins l’avantage d’atténuer ces menaces pour un bon bout de temps. Il contre - balançait la tendance à la surproduction, en donnant à l’argent d’autres destinations que l’investissement productif, et il contre - balançait l’inflation en retirant de l’argent de la circulation générale. Et il rendait les riches encore beaucoup plus riches.

Surtout les marchands financiers. “Les vrais profits ne sont pas faits en produisant”, disait un homme de Wall Street, “ils sont faits en achetant et vendant”. Ou même en ne faisant rien, car les prix des actions et des immeubles augmentaient chaque jour. Il était tout-à-fait rationnel de s’endetter car la hausse des “valeurs” compensait les intérêts à payer, si on avait de l’argent. Pour un pauvre, cela coutait cher de s’endetter mais pour un riche, cela rapportait. Ce n’était donc pas surprenant que l’illusion se répande que le capital peut accumuler dans la forme A – A’, sans devoir passer par cette pénible étape M.

Mais en réalité, c’est seulement dans cette étape que la valeur est créée, que la valeur C+V (le capital investi en moyens de production et force de travail) se transforme en C+V+P (plus-value), que du travail abstrait est ajouté à la valeur du capital. Certes, grâce à l’inclusion de la Chine et d’autres pays de bas salaires, et grâce au déclin relatif des salaires dans les pays avancés, la création de valeur augmentait, mais pas au même rythme vertigineux des financies. La valeur du trésor n’est pas une réalité objective mais un article de foi. Défendre la foi dans son trésor est l’objectif primordial de l’Etat capitaliste. C’est pour elle que les croisades d’aujourd’hui sont menées. Pour montrer son pouvoir, pour rassurer les actionnaires.

La fausse promesse de l’austérité

Quand la crise perçait la bulle et montrait que l’enrichissement apparent était en grande partie du à l’insertion de capital fictif dans le cycle de valeur, la capacité de thésauriser la valeur était à nouveau mis en question. Il a fallu une accélération historiquement sans précédents des dépenses et donc de la dette des plus forts Etats pour soutenir les institutions financières, afin d’éviter que la foi dans le trésor privé s’écroule. C’est la foi dans l’état qui la soutenait. Mais pour soutenir les conséquences de la croissance du capital fictif, encore plus de capital fictif était créé.

Et ca continue. Avec sa politique de “quantitative easing” (‘assouplissement quantitatif’) la banque fédérale américaine continue à soutenir les prix des valeurs mobilières (dette publique et hypothèques) en les achetant aux banques pour des centaines de milliards de dollars qu’elle crée de rien, en poussant un bouton sur un ordinateur. Et l’UE vient de créer encore des centaines de milliards d’euros de dettes pour sauver ses membres les plus endettés de la banqueroute. Même les pays où des mesures d’austérité draconiennes sont imposés n’arrêtent pas de créer des nouvelles dettes, ne fusse que pour refinancer les anciens. Aucun des pays qui ont introduit des mesures d’austérité, n’a des budgets sans déficits; souvent ils sont croissants, seulement à un rythme moins élevé qu’avant. Ils ne peuvent pas fonctionner sans. Alors le gonflement des dettes publiques continue, pendant que l’austérité mine l’expansion du marché et la création d’un nouveau pouvoir d’achat et donc aussi les recettes de l‘Etat, nécessitant encore plus de dettes…

Ainsi la crise de confiance dans la capacité du capital privé de thésauriser la valeur se transforme en crise de confiance dans l’Etat comme gardien de la valeur. Cette crise touche déjà gravement les concurrents plus faibles et se dirige vers le centre du système.

Les trillions de dettes nouvelles sont des marchandises, qui doivent concurrencer toutes les autres marchandises pour trouver des acheteurs. Leur offre croissante réclame une partie croissante du pouvoir d’achat, donc il en reste moins pour les autres marchandises. Ceci exacerbère la saturation des marchés, ce qui décourage l’investissement productif et donc la création de nouvelle valeur.

L’austérité sert à améliorer l’image de marque du pays, à inspirer de la confiance dans sa capacité future de payer ses dettes. La croissance des dettes publiques implique que la concurrence entre elles sur ce marché s’intensifie sur base de cette confiance. De plus grande l’offre des “ports sauves” comme les EU, de plus les pays endettés sont contraints d’essayer d’améliorer leurs capacité de payer avec des mesures d’austérité, pour rester concurrentiels au marché des dettes et ne pas devenir victime d’une fuite de capital.

Le but de l’austérité est donc de convaincre les marchés de capitaux que c’est profitable d’acheter des dettes publiques, que la capacité de thésauriser la valeur reste intacte. Mais cette stratégie reste basée sur l’illusion que A peut devenir A’ sans expansion de valeur dans la phase M. Il parie que l’économie peut payer pour des dettes exponentiellement croissantes sans croissance correspondante de la production C’est une stratégie à court terme: les épargnants créent de l’espace pour payer les créanciers mais ils ne stimulent pas la création de nouvelle valeur. Au contraire, ils la réduisent, et réduisent ainsi la capacité future de payer les dettes.

Dans la sphère de la production aussi, l’accent est mis sur la réduction des couts : épargnes sur l’emploi, les salaires, les matières premières, les faux frais. Les deux premiers ont permis la reprise actuelle. Dans cette reprise, l’emploi n’est pas épargné. Plus est produit par moins de travailleurs qu’avant. Cela reflète une hausse du taux d’exploitation (P/V) mais aussi une croissance de la composition organique du capital (C/V), pas tellement par de nouveaux investissements technologiques qu’en réalisant une réduction de V qui était techniquement possible déjà avant, mais pour laquelle il fallait l’excuse de la crise pour l’imposer. Cela renforce la tendance au rétrécissement de la demande de la classe ouvrière, exacerbant le problème de la réalisation de la valeur; et cela diminue le travail vivant par rapport au travail passé dans la production, exacerbant le problème de la création de la valeur. Pour le capital, il n’y a qu’un seul moyen de se défendre contre la dévalorisation que la loi de la valeur exige de lui : faire payer la classe ouvrière pour la crise. Mais la vague de grèves sans précédent en Chine et d’autres pays Asiatiques de l’année passée, la révolte massive ce printemps dans les pays Arabes, la forte résistance contre l’austérité du prolétariat en Grèce et d’autres pays Européens, signalent que cela sera de plus en plus difficile.

Les états sont freinés par leur peur qu’on arrivera à un point ou le contrôle social leur échappe. Déjà, les jeunes prolétaires qui occupent les plazzas de l ‘Espagne commencent a se demander si un autre monde est possible que celui de la valeur.

Mais pour le capital, il n’y a pas d’alternative. Aucun des scénarios que ses apologistes inventent n’offre une évasion de la cage dans laquelle la loi de la valeur l’emprisonne. Dans des numéros antérieurs de PI nous avons analysés pourquoi ‘la technologie verte’ ne le sauvera pas (3), et pourquoi la technologie informatique, le monopole et la pénurie artificielle ne le sauveront pas (4). Reste l’espoir entassé sur la Chine. Elle parait riche et dans le grand besoin de presque tout. Le marché idéal pour faire revivre l’économie mondiale.

Les limites de la locomotive Chinoise

Est-ce que la Chine évitera au capital la noyade ? Dans une large mesure, elle l’a déjà fait pendant le dernier quart de siècle, comme nous l’avons vu avant. Mais, manifestement, l’effet bénéficiaire pour le capital mondial n’a pas empêché que celui-ci ne tombe dans une crise plus grave depuis les années 1930. Pour en sortir, il faudrait donc que cet effet se renforce. Mais, c’est le contraire qui se passe. Autant comme source de plus-value que comme marché, l’effet bénéficiaire pour le capital diminue. Le premier : à cause de la croissance de la valeur de la force de travail en Chine, le deuxième à cause de son endettement et de l’inflation croissante.

La montée de la valeur de la force de travail

Son effet bénéficiaire était primordialement basé sur l’offre abondante d’une force de travail très bon marché et bien disciplinée avec l’aide de Confucius et Staline. Elle s’affaiblisse parce que le développement de la Chine a changé sa société; il pousse vers le haut la valeur de la force de travail.

La majorité des travailleurs qui font tous ces produits bon-marché, qui maintiennent l’inflation à un niveau relativement bas pour l’Occident, sont des migrants (c’est le cas pour 80% des mineurs, 70% des travailleurs de construction, 68% de la production industrielle, 60% du personnel des services). Ils sont entre 150 et 200 millions et ils viennent de l’intérieur de la Chine, dans un exode énorme mais bien orchestré, visé à fournir la force de travail nécessaire au “global assembly line”. La première génération de ces migrants est composée de paysans et autres villageois qui n’ont jamais connus autre chose qu’un monde de pauvreté. La valeur de la force du travail est déterminé par ses coûts de reproduction mais ceux-ci différent d’une société à une autre. A l’intérieur de la Chine comme en Inde, ou la société est caractérisée par une pauvreté générale depuis maintes générations, les biens de consommation socialement considérés comme nécessaires pour la reproduction de la force du travail sont minimales. C’est cela qui fait que la valeur de sa force de travail est aussi basse pour le capital.

Le capital Chinois a géré cette force de travail dans le but de prévenir que cela change. Pour cela, il a utilisé le système de registration ‘Hukou’ qui attache le travailleur au lieu d’ou il vient. Ca veut dire le travailleur n’a pas droit a des bénéfices comme l’assurance médicale, sauf ‘chez lui’ (ou souvent ils n’existent pas), ni même droit de rester quand il perd son travail (ca ressemble fortement au système des ‘homelands’ sous le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud et aussi au traitement des travailleurs intérimaires en Occident). Ce système vise donc déterminer artificiellement la valeur de la force de travail des régions industrialisées par les conditions de l’arrière-pays, à créer une division au sein de la classe ouvrière, à faciliter l’intimidation des travailleurs et à empêcher que la migration de l’intérieur ne devienne une avalanche.

Les enfants de cette première génération sont toujours considérés comme des ‘migrants’ sous le système Hukou mais ils vivent dans un monde différent que leurs parents, avec peu de liens avec leur lieu d’origine. Ce sont des jeunes urbanisés qui vivent dans un environnement beaucoup plus technologisé, complexe et riche. Environnement qui s’est aussi transformé par la consommation extravagante de tous ces nouveau-riches qu’ils voient autour d’eux (5). L’émergence d’une société industrialisée implique que la valeur de la force de travail change. Les biens de consommation vus comme nécessaire pour sa reproduction inévitablement augmentent. La jeune génération n’accepte plus le système Hukou et les conditions qui en découlent (6). A cause de sa pression, ce système était déjà en décomposition et la vague de grèves de l’été dernier lui a donné peut-être un coup fatal. Les salaires avaient déjà augmenté considérablement dans les régions côtières industrialisées, même pour les migrants (entre 2003 et 2009 avec presque 80 %, depuis lors avec 50 %) et cette hausse continue.

Déjà il y a des capitaux qui quittent cette région pour s’établir là où les salaires sont encore plus bas, comme au Vietnam et Bangladesh ou à l’intérieur de la Chine. Mais là aussi, les changements effectués par l’industrialisation dans les conditions de survie poussent les salaires vers le haut. En plus, la combativité croissante du prolétariat en Chine a eu un impact sur celle des travailleurs des pays de la région. Au Vietnam et Bangladesh le nombre et l’intensité des luttes ouvrières a augmenté en 2010. Aujourd’hui, les frontières sont de moins en moins capables de prévenir une telle contamination. Les nouvelles voyagent vite en dehors des médias contrôlés, comme les événements au Maghreb ont démontrés. Au Vietnam, les salaires montent aussi vite qu’en Chine. Au Bangladesh, le salaire minimum a augmenté de 85% l’année dernière. A l’intérieur de la Chine les salaires sont certes encore plus bas qu’à la côte mais ils montent à une vitesse plus élevée. (7)

Il apparait donc que la capacité du capital à combiner la technologie moderne avec des salaires toujours plus bas, qui a soutenu son taux de profit pour au moins deux décennies, a atteint sa limite. Certes, il y a encore des endroits au monde où la valeur de la force de travail est encore plus basse (en Inde en particulier) mais l’absence d’infrastructure (chemins, ports…) y pose d’autres limites. Donc, l’espoir que les bas salaires de la Chine et des pays semblables vont faire revivre le capital mondial n’est pas basé sur des tendances objectives dans l’économie réelle. Bien sûr, ceci pourrait changer si le capital Chinois parvenait à pousser le prix de la force de travail bien au dessous de sa valeur mais en ce moment les conditions ne lui sont pas favorables.

La politique de relance a créé une bulle financière

La croissance vertigineuse de ses exportations dans la décennie passée lui permettait à la fois de diminuer fortement le poids des salaires dans le BIP et de concéder des hausses de salaires. L’expansion de la tarte était assez grande pour accommoder une croissance du pouvoir d’achat des travailleurs bien que celui-ci devenait une partie plus petite du gâteau. Maintenant ce n’est plus le cas. L’économie Chinoise, étant structurée autour de son secteur d’exportation, naturellement a souffert des pertes énormes dues au rétrécissement de son marché suite à l’éclatement de la crise. L’Etat, soucieux des conséquences sociales d’un ralentissement de l’économie, a réagi avec un programme ambitieux d’intervention. Il n’y a que les EU qui ont dépensé plus. Mais tandis que les EU créaient de l’argent pour soutenir leurs finances, les valeurs américaines, par contre, la Chine le faisait surtout pour stimuler l’investissement. Mais est-ce que cette croissance exponentielle d’argent a mené a une croissance correspondante de valeur ?

Apparemment non : de plus en plus de dettes ne sont plus remboursées. L’argent qui a été créé en leur nom est fictif, mais circule. Endettement, spéculation, inflation forcent la Chine à arrêter, ou du moins à réduire fortement, ses mesures de relance. L’espoir de ceux qui voient dans la Chine un marché qui s’accroitra continuellement sera rudement déçu.

Les mesures de relance de la Chine ont aidé considérablement à atténuer la crise du capital. Quand la Chine achète, jour après jour, des milliards de dollars, elle donne une marge de manœuvre au FED américain pour créer des dollars à un rythme plus élevé. La Chine le fait pour freiner la dévaluation du dollar vis-à-vis de sa monnaie, le RMB (8), pour protéger sa compétitivité face au marché américain. Plus précisément : de nombreuses entreprises des provinces côtières qui produisent pour le marché extérieur opèrent déjà avec un taux de profit minimal. Leurs contrats sont en dollars mais ils payent leurs fournisseurs en RMB. Une forte dévaluation du dollar leur serait fatale.

Ce n’est donc pas surprenant que la Chine utilisait son programme de relance pour diminuer sa dépendance de la production fordiste en essayant de se transformer en producteur de première ligne, là où les profits sont proviennent moins de la faible valeur de la force du travail que de la rente technologique. Les efforts qu’elle a faits vers ce but, comme la modernisation de son infrastructure, ont été bénéficiaires aux exportations des pays avancés. Surtout à l’Allemagne, premier producteur de technologie moderne. Ses exportations en Chine ont accrus de 40% depuis 2009. D’un pays avec des trains antiques, la Chine est devenue un importateur de TGV. Mais maintenant il devient un exportateur de TGV. Cela change l’affaire. Les lieux privilégiés deviennent des lieux bondés. La Chine devient exportatrice de technologie verte, pendant que ses usines vomissent du poison dans l’air comme si l’avenir n’existait pas.

Des finances maudites

A première vue, cela parait si simple. La Chine a des besoins énormes et des réserves financières énormes. Il suffit de faire la somme et tout le monde en profiterait. Mais c’est seulement simple si on pense que - argent et valeur - sont la même chose. Si la Chine décidait de devenir un producteur de première ligne dans tous les domaines, utilisant ses réserves financières pour acheter la meilleure technologie dans tous les secteurs, elle serait pour un temps –avant que cela n’aboutisse à une surproduction gigantesque- un marché du dernier recours pour le reste du monde. Mais elle ne le peut pas.

Ces réserves financières sont des dettes et de l’argent d’autres pays, surtout les EU. Jusqu’à quelle mesure cet argent représente de la valeur réelle ou seulement du capital fictif ? Son caractère partiellement fictif reste caché dans les finances, aussi longtemps qu’on y croit, mais il apparaitrait dès que la Chine mettrait en circulation la quantité de dollars qui serait nécessaire pour réaliser ce plan. En quittant de vastes réserves de dollars de la stérilité de ses coffres ou ils ne peuvent pas faire du mal pour les jeter dans l’économie mondiale, la Chine réaliserait le contraire de ce qu’elle veut : la forte dévaluation du dollar qui détruirait le taux de profit de son industrie d’exportation et ses propres réserves financières, avec une accélération mondiale de l’inflation en plus.

De même, si elle utilisait ses réserves financières non pour des investissements massifs mais pour financer une hausse générale du pouvoir d’achat, les conséquences seraient catastrophiques pour elle : le prix de la force de travail, qui reste son arme compétitive principale, monterait; l’inflation et l’investissement spéculatif, qui ont déjà maintenant atteint un taux alarmant à cause de la création accélérée d’argent, deviendraient incontrôlables. C’est comme s’il y avait un sortilège sur les réserves financières de la Chine : ces trillions de dollars ne gardent leur valeur que si on ne les touche pas.

La peur des réactions « humaines »

Il y a une autre raison pour laquelle la Chine ne peut faire cette ‘simple opération’. Elle pourrait par exemple élever son secteur agricole à un point où il serait aussi productif que celui des EU. Techniquement, rien ne l’empêche. Mais au lieu de faire cela, la Chine prospecte l’Afrique et le Brésil pour acheter des terres pour y commencer de l’agribusiness, loin de chez soi. Car faire cela chez soi cela voudrait dire l’expulsion de centaines de millions qui fuiraient vers les villes. C’est un cauchemar social que la classe dominante veut à tout prix éviter.

Une telle situation existe dans beaucoup d’autres secteurs. On ne peut pas réduire la Chine à la zone industrielle du sud et l’agriculture de subsistance à l’intérieur. La majorité des entreprises, employant la majorité de la classe ouvrière du pays, sont des capitaux de basse composition organique (C/V), c’est à dire employant beaucoup de monde mais de basse productivité. Elles ont survécu, grâce à la basse valeur de V, la force du travail (l’expérience maoïste l’a encore renforcée : la valeur de la force de travail = ne pas mourir demain, le “bol de fer” et rien de plus), et grâce au fait que le marché interne en Chine n’est que partiellement ouvert. Mais aussi grâce aux prêts des banques, c’est a dire de l’Etat.

Celui-ci a, pendant les dernières trois décennies, laissé tomber des centaines de milliers entre eux. Ceci non seulement pour faire des économies mais aussi pour nourrir –pas trop, pas trop peu- le fleuve de force du travail réquisitionné par l’industrie fordiste côtière en forte expansion. Mais il en reste encore des millions. Les soutenir était le but principal du programme de relance de la Chine. Elle n’a pas empêché que des milliers entre eux sont coulés mais elle a maintenu en vie beaucoup d’autres. Cela en leur donnant des commandes (des projets d’infrastructure, dont un but principal est de pouvoir déplacer rapidement des grands nombres de migrants) et surtout en leur donnant des prêts dont il est clair qu’une grande partie ne sera jamais remboursée.

Selon le FMI, le rapport dette/PNB de la Chine est de 22%, largement inferieur à celui des EU ou de l’UE. Mais ce chiffre ne contient pas les dettes des milliers de sociétés d’investissement érigées par les gouvernements locaux, engagées dans des travaux infrastructurels mais aussi dans la survie d’entreprises qui, du point de vue de la valeur, n’ont plus de raison d‘exister. Ces sociétés sont, comme toutes entités capitalistes, engagées dans une féroce lutte concurrentielle entre eux pour attirer du capital. Selon les calculs de l’économiste Victor Shih du Northwest University, les dettes de ces sociétés montaient fin 2009 jusqu’a 11,4 trillions de RMB (1,7 trillion en dollars) ou 35% du PNB Chinois, et que, tenant compte de crédits qui leurs sont déjà assignés (open credit lines), ils augmenteront encore avec 12.7 trillion RMB vers le fin de 2011.

Déjà 28 % de ces prêts seraient ‘non-performants’. Incluant ces dettes, le rapport dettes/PNB était 75% fin 2009 et serait 97% fin 2011, plus élevé que celui des EU aujourd’hui (94 %). (9) L’espoir qui repose sur la croyance que la Chine peut jouer le rôle de locomotive parce qu’elle n’est pas sous le fardeau de dettes excessives qui forcent les autres grandes économies à des politiques d’austérité, semble donc injustifié. Comme ailleurs, on voit qu’en Chine l’Etat essaye désespérément à compenser le manque de création et réalisation de valeur en accumulant des dettes et on voit que sa capacité à le faire s’érode. Ses efforts ont menés à un endettement excessif, un taux d’inflation (officiellement encore au dessous de 6 %, en réalité au moins le double) qui menace la capacité de thésauriser la valeur, et des bulles spéculatives, surtout dans le secteur immobilier (10).

Pour ces raisons, la Chine a décidé d’arrêter programme de relance. Depuis l’automne dernier, l’Etat a chargé les banques de restreindre sévèrement ses prêts et à commencer a liquider des milliers de sociétés d’investissement. Son économie commence à se refroidir. Au même moment, la pression pour des salaires plus élevés (ou plutôt moins bas) continue. Les travailleurs des services, des transports et colle-blancs qui n’ont pas eu les hausses que les travailleurs industriels ont obtenus, réclament à leur tour.

Certains observateurs pensent que les mesures anti - inflatoires que la Chine prend maintenant sont trop timides et viennent trop tard pour maitriser l’inflation. Et que dans un climat de “stagflation” il deviendra difficile pour l’Etat de maintenir son contrôle sur la société. Ce n’est pas à nous de prédire si la Chine va faire une ‘atterrissage en douceur’ ou ‘un crash’ (11). Mais dans les deux cas, elle fait atterrir les espoirs investis dans son marché.

Bien moins qu’avant, la Chine va continuer à croitre. Mais comme ailleurs, cette croissance créera moins d’emplois qu’elle détruira. Elle essaye de limiter cette tendance par peur de convulsions sociales, mais cela devient toujours plus difficile. En Chine comme ailleurs, le casse-tête de la classe dirigeante devient, comment gérer tout ce capital variable superflu. Pas seulement les migrants et autres refugiés de la pauvreté rurale mais aussi des millions de diplômés pour qui il n’y a plus de place dans l’économie (12).

On voit la même chose ailleurs. Partout, le cauchemar du capitalisme est, que va-t-on faire de tous ces gens ? Ou peut-on les stocker, comment les garder calmes ? Comment les séparer de ceux dont on a besoin ? Comment éviter qu’ils se révoltent ? Comment les faire disparaître ?

Pour le moment, le capital cherche à réduire leur coût. Consciente de l’impossibilité de créer sans fin de nouvelles dettes pour remplacer les dettes non-performantes du passée, ou, en autres mots, l’impossibilité de continuer à cacher avec du capital fictif que le capital dans les finances est fictif, en réduisant ses coûts, il cherche l’espace financier pour défendre la confiance dans la capacité thésaurisante de ses dettes. Dans les trois années passées, des trillions de dollars, euros, yens et RMBs ont été créés pour soutenir le trésor privé miné par ses mauvaises dettes, des trillions en plus pour empêcher une spirale déflatoire vers la dépression. Jamais autant d’argent a été créé dans une si courte période. Cela a freiné la pression déflatoire sans pour autant l’éliminer. Cela reste une économie de bulle. Le capital A continue à fuir la phase M pour arriver à A’ et, en le faisant, mine A’, ce que la création d’argent, les réductions fiscales et autres cadeaux aux possesseurs du capital ne peuvent cacher que pour un temps limité.

Donc, la pendule oscille de la stimulation à l’austérité. La Chine arrête son programme de relance, les EU terminent leur politique ‘d’assouplissement quantitatif’ et au Congrès, l’accent est mis sur les épargnes, la UE semble avoir assez des plans de sauvetage et partout les banques centrales prennent des mesures pour restreindre les prêts, pour défendre leurs finances.

Au même temps, le prolétariat, la population qui n’a que sa force de travail pour survivre, en Chine comme ailleurs n’est pas dans l’humeur de se sacrifier et découvre des nouvelles formes de lutter, de communiquer, de résister.

Une collision est inévitable. Comme disait Bette Davis: “Attachez votre ceinture, ça va être un trajet cahoteux”.

Sander

15 Juin 2011


NOTES:

1. Voir, entre autres, PI 49 “creation de valeurs et la crise du capitalisme”.

2. Mais les EU produisent presque autant, 19,4%, avec presque une dixième de force de travail: 11,5 millions de travailleurs industriels contre 110 million. Le gouffre en productivité reste donc considérable. (Financial Times, 13 mars 2011)

3. PI 50, “Capitalisme, technologie et l’environnement”

4. PI 54, “Pénurie artificielle dans un monde de surproduction”.

5. Des 15 économies les plus larges, la Chine est deuxième en inégalité de revenu, après le Brésil. C’est une triste ironie que les plus grandes inégalités soient gérés par le ‘parti Communiste’ et le ‘parti des Travailleurs’.

6. Mary E. Gallagher qui interviewait des jeunes migrants a des moments différents décrivait le changement ainsi: «La figure emblématique d'un jeune paysan minable qui fait son chemin à la ville pour un temps limité avec des ambitions et attentes limitées, a cédé la place aux jeunes qui voient la ville comme leur avenir et, si ce n'est pas leur droit d'aînesse , comme quelque chose qu'ils ont gagnés. Contrairement à leurs parents ou frères aînés qui ont comparé leur fortune à ce que "aurait été" s'ils étaient restés à la campagne, ces jeunes migrants se comparent à leurs homologues urbains. Les différences de traitement ne sont plus aussi facilement acceptables. Leurs attentes pour l'avenir sont plus larges et différentes que celles des générations précédentes. Les plans futurs comprennent rarement un retour à la campagne comme agriculteurs. "

7. New York Times, 31 mai 2011

8. Le Renminbi, aussi nommé Yuan.

9. Naturellement, ses conclusions sont contestés par des économistes Chinois fidèles a l’Etat, dont l’argument principal est: “Given that the Chinese government has commenced its exit from the stimulus policy, Shih's extrapolation that the debt will continue to balloon in the next two years makes little sense.” (“Vu que le gouvernement Chinois a commencé de se retirer de la politique de stimulus, l’extrapolation de Shih que la dette va continuer a gonfler dans les deux années suivants, a peu de sens.”) Voir: How Victor Shih Get China' Debt So Wrong Si c’est correct, les dettes publiques Chinoises monteront moins que Shih pense mais la croissance de la Chine et ses importations diminueront et les faillites se poursuivront.

10. Le dernier est en partie instigué par l’Etat. Il gonfle la bulle parce qu’il en profite : «Avec des taxes, redevances et ventes de propriétés, les gouvernements locaux soulèvent de plus en plus au détriment du pouvoir d'achat. Les gouvernements locaux sont essentiellement sur un tapis roulant, ils doivent générer de plus en plus de recettes pour financer des investissements fixes. Donc, il faut que les prix des terrains à s'élèvent de plus en plus, résultant en une bulle immobilière massive dans tout le pays. "

11. Selon une enquête récente d’investisseurs, une ‘atterrissage dur’ de la Chine est vu comme le plus grande risque pour les marchés financières. (Voir: ‘China hard landing is biggest threat’, Financial Times, 20 mars 2011.

12. En 1998 les institutions d’enseignement supérieur fournissant 830 000 diplômés, en 2009 6 million. Entre 1982 et 2005, le nombre de diplômés augmentait 7 fois, tandis que le nombre d’emplois ‘col blanc’ montait de 7 a 13%.


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