Réponse à C.Mcl de ‘Controverses’


LA CRISE DANS LA PRODUCTION ET LA CRISE AU MARCHE ONT LA MEME CAUSE : LA FORME-VALEUR


Le texte de CONTROVERSE a été publié : le 8 novembre 2009 Réponse aux commentaires de "Perspective Internationaliste" sur la crise sur le site de CONTROVERSE Et sur le site de IPPI. Une réponse a été publiée sur le site début janvier 2010. Notre texte précise certains éléments, afin de développer la discussion et la controverse.

D’abord je m’excuse pour le délai de cette réponse. Je m’excuse aussi d’avoir assumé que le texte de présentation de Controverses, auquel j’avais adressé quelques remarques critiques, exprimait la position de ‘Controverses’. Dans sa réponse à ces remarques, l’auteur du texte souligne que Controverses n’est pas un groupe mais un ‘projet’ dans lequel les collaborateurs - comme lui - parlent en leur propre nom. Ce qui suit n’est donc pas une réponse à Controverses mais à son collaborateur C.Mcl.

Mcl insiste sur la necessité d’une polémique saine et là-dessus nous sommes tout fait d’accord. En effet, une discussion théorique sur les origines de la crise peut facilement dégénérer dans un jeu d’enfants, “je suis plus marxiste que toi”, avec les citations de Marx remplaçant les boules de neige. Un tel jeu ne nous intéresse pas. Nous ne sommes pas non plus intéressés à mener une polémique dont le seul but est de prouver qu’on a raison. Si nous trouvons important de répondre a C. Mcl, c’est parce que ses erreurs théoriques peuvent mener à des choix politiques qui seraient fort regrettables.

L’essence du débat est le désaccord de C.Mcl avec l’analyse de PI selon lequel les contradictions principales qui condamnent le capitalisme à des crises toujours plus profondes, c’est à dire l’insuffisance de son marché et la tendance de son taux de profit à diminuer, sont intrinsèquement liés et trouvent leur origine commune dans le fondement même du capitalisme: la forme valeur. Contre cette vision, C.Mcl affirme que ces deux contradictions sont des facteurs indépendants, qui ne sont pas “théoriquement liés” (et donc pratiquement non plus, il faut supposer) et qui n’ont pas de source commune. Et il accumule les citations pour prouver que Marx pensait cela également.

Ainsi, C.Mcl affirme que la crise actuelle n’est pas causée par la tendance du capital à devenir moins profitable, puisque le taux de profit a augmenté lors des années précédentes, mais par la manifestation indépendante de l’autre contradiction, l’insuffisance du marché, et plus spécifiquement par le manque de demande de la part de la classe ouvrière causé par la diminution relative des salaires. Ce problème ne peut pas être résolu par une consommation plus grande des autres composantes du marché car ceux-ci ne sont pas “des vases communicants”: au lieu d’investir ou de consommer plus, la classe capitaliste préfère garer ses profits dans le capital financier.

Si ce problème est indépendant, non lié aux problèmes de la production de la valeur, non seulement sa cause mais aussi sa solution (ou la raison de l’absence de toute solution) ne sont pas liées aux contradictions dans la production non plus. Si l’insuffisance du marché est un problème indépendant qui peut trouver une solution, la solution est évidente: étendre le marché. Stimuler la consommation des ouvriers, en augmentant les salaires. Faire intervenir l’Etat pour accomplir A-M , la transformation de l’argent en marchandises que le capital privé refuse de faire. Si on accepte que l’insuffisance du marché est un facteur indépendant, non-lié avec ce qui se passe dans la sphère de la production, il est difficile de voir ce qu’on pourrait opposer à cette vision, qui est celle de la gauche du capital.

Cependant, C.Mcl insiste qu’il n’est pas sous-consommationiste. Son argument semble être qu’il ne l’est pas parce que Marx ne l’était pas, et qu’il est d’accord avec Marx. En effet, comme C.Mcl admet, Marx critiquait fort cette vision selon laquelle « ...on prétend que la classe ouvrière reçoit une trop faible part de son propre produit et que l’on pourrait remédier à ce mal en lui accordant une plus grande part de ce produit, donc des salaires plus élevés ». C. Mcl se déclare d’accord: “augmenter les salaires ne résoudrait rien car ceux-ci avaient justement été restreints pour redresser le taux de profit à partir de 1982.” Donc, après avoir tant insisté sur le fait que ces problèmes sont indépendants (donc : non liés), il finit par nous dire que l’un ne peut être résolu à cause de l’autre. Belle indépendance !

C. Mcl admet que “En général, ces deux contradictions se manifestent ensemble et s’engendrent mutuellement” mais insiste sur le fait qu’il y a aussi des moments où l’un est plus dominant que l’autre.

C’est vrai, mais cela ne montre pas qu’il s’agit des facteurs indépendants. Au contraire, C.Mcl lui-même montre comment l’un est combattu au détriment de l’autre. Comment le taux de profit dans les années précédentes était soutenu par la réduction des salaires et donc de la demande, et comment dans les années ’70 la demande était soutenue par des politiques étatiques qui pesaient lourdement sur le taux du profit. Il démontre donc lui-même que l’idée selon laquelle ces contradictions sont des facteurs indépendants, non liés, est intenable. Il faut donc, au contraire, essayer de comprendre comment ces contradictions sont liées. Puisqu’il nie le lien, C. Mcl en est incapable. Les citations de Marx qu’il a judicieusement choisies, ne remplacent pas une analyse. Mais regardons ces citations de plus près, car elles pouvaient donner l’impression que l’analyse de Marx est aussi contradictoire que celle de C. Mcl. C’est n’est pas le cas. Selon C.Mcl, l’analyse de PI va à l’encontre de celle de Marx parce que:

“a) Perspective Internationaliste pense que « Le problème des marchés et la tendance à la diminution du taux de profit ne peuvent être séparés », qu’ils ont même une « origine commune », alors que Marx pense que ces deux concepts sont « indépendants », « non théoriquement liés », « ne sont pas identiques ».

b) Perspective Internationaliste pense que « le déclin de la part salariale ne peut être présenté comme un problème de réduction des marchés en lui-même », il est donc en désaccord avec l’analyse de Marx selon laquelle « la raison ultime de toutes les crises réelles, c’est toujours la pauvreté et la consommation restreinte des masses ».” Il est vrai que Marx montre que les conditions de la production de valeur et de sa réalisation “ne sont pas identiques”, mais c’est justement une position que PI a affirmée dans tous ses textes théoriques sur la crise capitaliste.

Contre presque tous les autres groupes et publications dans le milieu pro-révolutionnaire, dont celle dont faisait partie C.Mcl, PI était presque le seul (‘Communisme Ou Civilisation’ était une autre exception) à insister que ces conditions ne sont pas identiques et qu’on ne peut donc pas expliquer la crise dans la phase de la réalisation de la valeur comme simple conséquence de la crise dans la phase de la production, ni l’inverse . (1) Si C. Mcl suivait son propre conseil, “d’abord prendre sérieusement connaissance des arguments respectifs”, il le saurait et éviterait le faux débat.

Malheureusement, les deux camps dans ce débat, n’ont pas su pousser la compréhension beaucoup plus loin qu’elle était déjà avant Marx, quand Ricardo supposait que la réalisation du capital s’achève dans la phase de production et Sismondi voyait l’insuffisance du marché comme source de crise sans comprendre comment celle-ci était liée aux contradictions au sein de la phase de production. Marx a appris quelque chose de chacun mais il critiquait aussi les deux pour ne pas avoir compris l’unité entre les deux phases du processus de la reproduction, la source commune des obstacles qui y apparaissent, qui est le capital lui-même, la valeur. La solution à ce faux débat n’est pas de nier le lien entre eux, mais de comprendre ce lien plus profondément, au lieu de voir les obstacles dans l’un comme simple conséquence des obstacles dans l’autre.

Bien entendu, ces obstacles sont liés, théoriquement et pratiquement. Marx savait bien que “la production détermine le marché, tout comme le marché détermine la production”. L’un présuppose l’autre. Sans être unis, le processus de reproduction serait impossible. Toute son analyse du processus de reproduction du capital se base sur la compréhension de la phase de production de valeur et la phase de sa circulation comme un tout, mais aussi sur la compréhension que l’évolution même du capitalisme engendre une contradiction entre eux. Cette contradiction résulte de la forme-valeur, la nature double de la marchandise comme valeur-usage et valeur d’échange. Si valeur-usage et valeur d’échange étaient la même chose, ou même si elles ne l’étaient pas mais se développaient de façon harmonieuse, la production serait égale à la consommation, il n’y aurait pas de contradiction entre elles, pas de crise. Mais la forme-valeur force le capital à mesurer la richesse en travail nécessaire pendant qu’elle l’incite a réduire le travail nécessaire autant que possible. Elle impose un cours différent à la production de valeurs d’usage, qui tendent à croître de façon exponentielle, et à la production de valeur d’échange, qui tend à diminuer relativement. Ceci se manifeste dans la phase de la production dans un manque de profit et dans la phase de circulation dans un manque de marché mais la source est la même. Comme Marx disait, la limite “n’est pas inhérente à la production en général mais à la production fondée sur le capital” (Grundrisse, p.415). (2)

De même, il ne voyait pas de limite à la consommation en général mais a la consommation fondée sur le capital. Cette limite est la même, vue de deux directions. Dans la phase de production, la barrière est le cours déclinant de la valeur d’échange. Dans la phase de circulation, la barrière est le cours de la croissance exponentielle des valeurs d’usages, relativement à leur valeur d’échange. La réalisation de la valeur d’échange est le but mais c’est aussi la valeur d’usage en soi, c’est a dire indépendante de la valeur d’échange que la marchandise contient, qui détermine la demande. La marchandise comme valeur d’usage est en contradiction avec elle-même comme valeur d’échange. C’est le besoin (de ceux qui possèdent de la valeur d’échange) pour elle en tant que valeur d’usage qui conditionne sa réalisation comme valeur d’échange. Et ce besoin ne s’adapte pas automatiquement à la tendance du capital de produire toujours plus de valeurs d’usage avec moins de valeur d’échange. (Ceci est analysé de manière plus détaillée dans le chapitre “Comment la contradiction effectue la réalisation de la valeur” dans mon texte “Une Crise de Valeur” (PI 51/52). C.Mcl l’a-t-il lu ?).

Tandis Alors que “l’unité de production et réalisation, pas de façon immédiate mais comme processus” (Grundrisse p.407) doit être comprise, il faut comprendre aussi que cette nécessité n’est pas réalisée. Dans la sphère de la production, le capital ne cherche que la plus-value et tend donc à pousser la production au delà des limites d’expansion de son marché, dans la sphère de la circulation, le capital agit comme si la circulation même serait une source de valeur, comme s’il n’était pas obligé de retourner dans la production pour valoriser. C’est dans ce sens-là que Marx voyait ces phases différentes d’un tout manifester une indépendance l’une par rapport à l’autre. Mais cette indépendance elle- même signale le développement de la contradiction entre eux qui brise l’unité nécessaire et provoque la crise. “La contradiction entre production et réalisation –duquel le capital, d’office, est l’unité- doit être comprise plus intrinsèquement que simplement comme l’apparence indifférente des moments individuels du processus, apparemment indépendante l’un de l’autre”. (Grundrisse, p415 .)

L’unité, c’est le capital. La reproduction de la société en tant que valeur. C’est la contradiction au sein de la forme-valeur qui brise cette unité. La limite que la valeur d’échange impose à la production de valeurs d’usages tout comme la limite que la valeur d’usage impose à la réalisation de la valeur d’échange, comme Marx explique de suite. Loin de lui donc de considérer ces deux phases, et les obstacles qui s’y manifestent, comme étant « non théoriquement liés ». C’est pourtant ce que C. Mcl affirme qu’il a écrit. Cette affirmation m’étonnait d’autant plus que je me souvenais de ce passage que j’avais moi-même cité dans un texte. (Voir PI 30-31). Selon C. Mcl Marx écrivait, « Les conditions de l’exploitation immédiate et celles de sa réalisation ne sont pas identiques. Théoriquement non plus elles ne sont pas liées » Mais dans ma version (anglaise) du Capital, vol 3, il écrivait, “Elles ne diffèrent pas seulement par le temps et le lieu, mais aussi logiquement”. J’ai donc cherché l’original: “Sie fallen nicht nur nach Zeit und Ort, sondern auch begrifflich auseinander.” Ce qui confirme la traduction anglaise. Nous pourrions encore préciser la traduction en disant : “Elles ne différent pas seulement par le temps et le lieu, mais aussi conceptuellement”.( La traduction française des archives Marx qu’on trouve sur Internet) est acceptable, elle aussi : “elles diffèrent, non seulement au point de vue du temps et du lieu, mais en elles-mêmes.” Il semble donc que le traducteur des ‘Editions Sociales’ ait sérieusement déformé la pensée de Marx, semant ainsi la confusion dans la tête de C. Mcl. Car différer logiquement est bien autre chose qu’être «non théoriquement liés ». La différence entre les conditions de production et de réalisation de la valeur ne fait pas disparaître le lien entre eux. C’est justement dans ce lien que la forme-valeur, sous la poussée de l’évolution inherente du capitalisme, devient une contradiction intenable.

Parce que nous ne sommes pas d’accord avec lui que le déclin relatif de la demande de la classe ouvrière est une cause indépendante de la crise, C.Mcl maintient que nous rejetons l’analyse de Marx selon laquelle «la raison ultime de toutes les crises réelles, c’est toujours la pauvreté et la consommation restreinte des masses». Au contraire. En défense de sa théorie que la crise actuelle est causée par la baisse relative des salaires , C. Mcl écrit: “ Ce que Perspective Internationaliste oublie, c’est que la restriction des marchés chez Marx ne découle pas uniquement du mécanisme de la baisse du taux de profit” (notons en passant que cette formulation reconnaît implicitement que les deux sont liés, contrairement à ce que C.Mcl affirme)(…) mais également de l’accroissement du taux de plus-value (…) découlant de la baisse de la part salariale dans le produit social total.” Avec Marx, nous pensons que la demande de la classe exploitée est inadéquate par définition (Grundrisse, 420). Le système capitaliste est basé là-dessus. Pour le capital total, elle représente nécessairement plus un coût qu’un profit. Cette demande, il la paye. Sa grandeur est liée, dans une relation inverse, avec le taux du profit. Ceci ne montre pas que la restriction relative de la demande de la classe exploitée ne pose pas de problème pour le capital mais que l’apparition de crise dans la réalisation de la valeur est intrinsèquement liée aux conditions de sa production.

Les causes de la diminution relative du salaire se trouvent dans la sphère de la production. Peu importe en cet égard si elle est le produit d’une hausse de la composition organique du capital (C/V) ou d’une hausse du taux de plus-value (V/S). Les deux –le processus de production qui devient toujours plus basé sur le travail passé auquel donc toujours moins de travail vivant est ajouté, et le processus de production dans lequel la valeur de la reproduction de la classe exploitée devient toujours moins chère pour le capital- vont d’ailleurs ensemble.

Le sens de la citation de Marx, dans son contexte, est que le marché capitaliste ne peut jamais consister de plus que les valeurs d’usage nécessaires pour reproduire le capital (dans une forme élargie imposée par la concurrence et sa tendance à dévaloriser), et les valeurs d’usage nécessaires pour satisfaire les besoins improductifs de ceux qui ont l’argent. Ce n’est pas ce dernier marché qui pose un problème. Il peut toujours l’accroître. Si ce n’est pas par une demande croissante des capitalistes privés et de leur entourage, l’Etat peut stimuler une hausse de la consommation improductive. A cet égard, qui consomme importe peu. Si demain les salaires étaient doublés (quelle chance!), cela déplacerait une partie de la consommation improductive de la classe capitaliste vers la classe ouvrière, mais cela ne résoudrait en rien le vrai problème de l’insuffisance du marché pour le capital.

Car le problème se trouve dans le premier marché, qui est limité par la quantité de valeurs d’usage nécessaires pour la reproduction élargie du capital. C’est là où la contradiction entre valeur d’usage et valeur d’échange devient insurmontable (voir “Crise de valeur”op.cit.) . C’est ce marché qui compte parce que c’est seulement en passant a travers lui que la valeur continue son cycle et produit de la valeur nouvelle. L’autre marché, celui de la demande improductive, n’est qu’un cul-de-sac pour le capital. Un cul-de-sac nécessaire, mais néanmoins un cul-de-sac. Il y a d’autres questions soulevées dans le texte de C.Mcl (comme la redistribution de plus-value dans la circulation, le métabolisme entre capitaux développés avec le reste du monde, et son évolution historique) dont il semble sous-estimer l’importance, que nous pourrons adresser plus tard. Mon but principal était de clarifier que la cause de la crise du capital, dans la production autant que dans la circulation, c’est le capital lui-même, sa forme-valeur dont la contradiction interne devient intenable à la suite des changements internes dans le mode de production. De cela découle la nécessité de placer les manifestations de crise dans un cadre historique, de voir quels changements le mode de production a subis, de les lier au progrès de la domination réelle du capital et à ce qu’on a appelé la décadence du capitalisme. Si je reprochais un manque d’approche historique à l’analyse de C.Mcl, ce n’était pas pour pinailler mais parce qu’une contextualisation historique est essentielle pour comprendre les enjeux d’aujourd’hui.

Voir les phénomènes de crise dans la production et sur le marché comme séparés, indépendants, non théoriquement liés, est dangereux car ne pas voir leur lien veut dire ne pas voir que le problème essentiel est le capital, que c’est son fondement, la forme-valeur, qui doit être détruite. Ca ouvre la porte à la défense d’un moindre but. Une telle défense pourrait devenir un sauf-conduit pour la contre-révolution; il est donc important de ne pas continuer sur ce chemin.

Sander


Notes

1. Dans l’introduction de la deuxième partie de la série “Les racines de la crise capitaliste” (PI 30-31), j’écris: “Pour autant qu’il y ait débat réel sur la théorie des crises entre les marxistes révolutionnaires (hélas, il y en a fort peu, malgré le fait que cette question constitue la pierre angulaire de leur message), chaque côté tend à ne voir qu'une seule des contradictions et à ignorer l'autre, et tous confondent les points de vue du capital individuel et du capital total, ce qui affecte inévitablement leur compréhension générale de l'évolution de la crise historique du capitalisme. Lorsque Marx affirme que « la production détermine le marché et le marché la production », chaque camp dans ce débat n'entend que la moitié de ce qu'il dit. Le camp des luxemburgistes et autres focalisés exclusivement sur les problèmes de réalisation, ne peuvent accepter la première moitié : que la production détermine le marché et que, par conséquent, une expansion de l'échelle de la production conduit également à une expansion du marché. Contrairement à ce qu'ils pensent, la barrière immanente à l'expansion du marché n'est pas statique et ne peut être comprise sans appréhender la dynamique du procès de production. Selon les adeptes de l'autre camp, dont Paul Mattick a été le théoricien le plus connu, la baisse du taux de profit est le seul frein à l'accumulation capitaliste ; ils ne peuvent dès lors accepter les implications de la seconde moitié de la phrase de Marx, à savoir que le marché détermine la production, et que par conséquent, la base étroite sur laquelle repose ce marché peut devenir un obstacle insurmontable à l'accumulation du capital, qui est contraint par la baisse tendancielle du taux de profit de s’étendre de façon continue.”

2. Les citations issues des Grundrisse ont été traduites par moi à partir de l’anglais (Editions Penguin).


Appendix: Remarques de Perspective Internationaliste à l’analyse sur la crise (01/11/09)

Sander



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