L’APPEL AU MILIEU PRO-RÉVOLUTIONNAIRE :
RÉACTIONS ET PERSPECTIVES


Début 2009, PI a lancé un Appel au milieu révolutionnaire, avec pour objectif de ré-initier un processus de discussion et d’échanges entre les groupes de ce milieu (voir l’Appel ci-dessous). Cet Appel a suscité de nombreuses réactions aux Etats-Unis, en Angleterre, en France, en Allemagne et en Belgique. Le texte introductif qui suit a pour but de préciser le contexte dans lequel a été lancé cet Appel, de donner un aperçu des réactions suscitées et de tracer les perspectives d’échanges et de collaborations possibles entre les groupes.

Le contexte de l’appel lancé par PI n’est autre que la crise du capitalisme, la plus profonde depuis les années ’30. Cette crise a été expliquée dans les médias par l’avidité, la mauvaise gestion, un manque de régulation par l’Etat. La solution prônée par la gauche peut être qualifiée de critique positive du capitalisme : plus d’interventionnisme, de régulation de l’économie par l’Etat, la nationalisation des banques et de l’économie.

Les révolutionnaires, quant à eux, développent une critique négative du capitalisme. Ils comprennent qu’une régulation plus grande, et même un remplacement complet des capitalistes privés par les fonctionnaires de l’Etat, ne stopperait pas la crise. C’est la loi de la valeur qui emprisonne la société humaine mondiale : chaque marchandise est produite pour rapporter un profit. Ce profit provient de la plus-value extraite du travail humain. L’accumulation de la valeur est le but réel de l’économie capitaliste, que celle-ci soit gérée par la gauche ou par la droite. Nous en sommes à un moment de l’histoire où l’augmentation de la productivité rend possible la production de beaucoup trop de marchandises pour un coût trop peu élevé (avec peu de travail humain impliqué) et où il est impossible que toute la valeur créée se maintienne en tant que valeur. Le capitalisme nous entraîne vers davantage de misère, de guerres, de destructions écologiques et autres catastrophes, parce que la destruction massive de la valeur existante est nécessaire pour restaurer les conditions de l’accumulation, afin que la valeur puisse à nouveau croître. La critique négative signifie que le capitalisme doit être attaqué à la racine. C’est l’ensemble du système interconnecté de travail salarié, d’argent, de marchés, de nations qui doit être éradiqué.

Les révolutionnaires doivent dire NON à beaucoup de choses. Ils doivent attaquer les illusions. Contrairement à la critique positive du capitalisme, la critique négative n’offre pas de propositions pratiques pour des améliorations concrètes ici et maintenant, mis à part la résistance sans compromis contre la misère que le capitalisme inflige à la classe ouvrière. Nous espérons que dans cette résistance la classe ouvrière se transformera en « classe pour soi », en une classe qui, en se libérant de sa condition d’exploitée, libérera ainsi toute l’humanité. Nous espérons que dans cette auto-organisation prendra forme l’organisation de la société post-capitaliste. Malgré l’urgence de la situation, ce n’est pas un projet à court terme. Les illusions sont encore fortes dans la classe ouvrière, de même que la crainte que la résistance empire encore la situation. Mais, même s’il y aura des pauses, la crise continuera à s’approfondir. La crise de confiance dans le système financier se transformera en une crise de confiance dans l’Etat. Les Etats peuvent sauver les banques (comme ils l’ont fait ces derniers mois), mais il n’y a pas d’instance supérieure qui puisse venir à la rescousse lorsque même les Etats les plus forts ne seront plus des refuges sécurisés pour la valeur. Les illusions dans l’Etat protecteur de la valeur, de l’avenir de la société et de l’avenir des travailleurs, vont tomber.

Les événements eux-mêmes pousseront la classe ouvrière à lutter. Mais si la lutte est inévitable et si elle conduit à l’auto-organisation du travailleur collectif (1) qui peut menacer le capitalisme, quel est le rôle des révolutionnaires ? Bien entendu, ils participent à la lutte, puisqu’ils font partie de la classe. Mais quel est leur rôle spécifique ? Il arrive que lorsqu’on entend quelqu’un parler (ou lorsqu’on lit un texte), on ait l’impression d’entendre (ou de lire) exactement ce que l’on était en train de penser. Ou bien que suite à cette expérience, on réalise qu’on était en train de penser et qu’on sait maintenant ce qui doit être fait ensuite. Voilà ce que les révolutionnaires peuvent faire. Exposer de manière intelligible, explicite, ce qui est ressenti de façon intuitive.

Cela ne signifie pas qu’ils soient les seuls à défendre la perspective révolutionnaire, la nécessité de détruire la loi de la valeur. Ceci se produit spontanément dans la résistance à la crise, comme l’illustre l’anecdote suivante à Cleveland (Ohio). Des travailleurs licenciés dans le domaine de la construction, et qui avaient perdu leur propre maison, ont réalisé à quel point la situation était absurde : après avoir construit tant de maisons pour « les autres » (le marché), ils s’en trouvent eux-mêmes dépourvus, de même que d’autres familles, alors que 15 000 logements étaient libres à Cleveland. Ils ont donc formé un groupe spontané et ont utilisé leurs compétences pour arranger des maisons vides et y transférer des familles sans logement. C’est un acte illégal, une attaque de la forme valeur, comme l’est la résistance à l’expulsion dans les quartiers ouvriers. C’est une des façons dont la forme valeur est en train de craquer, de montrer son obsolescence : la crise fait apparaître la contradiction entre les besoins du capital et les besoins humains et met en route l’imaginaire d’une société post-capitaliste. Pour que les révolutionnaires puissent jouer leur rôle dans la lutte et contrer les organisations qui tentent d’étouffer la résistance dans la « critique positive » du capitalisme, ils doivent dépasser deux fausses conceptions.

Premièrement : l’idée que la théorie révolutionnaire est plus ou moins achevée et que la seule tâche des révolutionnaires consiste à disséminer cette théorie dans la classe. Contre cette idée, qui conduit à la stérilité théorique, PI a souligné le caractère incomplet et les faiblesses de la théorie (sur laquelle nous nous sommes tous basés dans les années ‘60 et ‘70), la nécessité d’un effort théorique majeur pour comprendre comment le capitalisme a évolué au cours des 30 dernières années, comment ces changements affectent la conscience du prolétariat, la façon dont il est subjectifié . (2) Nous devons impérativement comprendre comment la conscience de classe se développe dans les conditions présentes, si nous voulons être un facteur de ce développement.

Deuxièmement : l’erreur de croire que ce dont la classe ouvrière a besoin avant tout, c’est une organisation telle que la nôtre, mais beaucoup plus grande et donc le fait de voir la croissance de l’organisation comme la priorité absolue. Cela conduit à mettre l’accent sur le recrutement, à mesurer sa propre activité en termes quantitatifs (nombre de publications, de membres, de ventes, de cotisations, de pages écrites …), à considérer que les autres organisations sont des compétiteurs, voire des parasites à exterminer, à adopter des attitudes sectaires, une impatience dans les débats.

C’est la raison pour laquelle PI, maintenant que la crise a donné une nouvelle urgence à la critique négative du capitalisme, a lancé un appel au milieu révolutionnaire. Ce que PI espérait ainsi susciter, c’est :

L’appel de PI n’est pas un appel au regroupement, à créer une organisation plus grande. Ce n’est pas non plus un appel à créer un pôle anti-CCI ou autre. Au risque de nous répéter : nous voudrions susciter au sein du milieu une attitude tournée vers ce que nous avons en commun (au lieu de se focaliser sur ce qui nous divise), une attitude tournée vers des discussions, des pratiques communes (au lieu d’être isolés les uns des autres), une attitude fondée sur un état d’esprit d’ouverture, tourné vers une vision du futur (au lieu d’être tourné vers les querelles du passé et vers les idées du passé).

L’Appel est-il utopique, le seul produit de notre volonté en dehors de tout contexte ? Nous ne le pensons pas. Différents signes nous font penser que le moment est approprié. L’an dernier s’est tenue une conférence en Corée, appelée par un groupe de militants coréens et à laquelle ont participé un certain nombre de groupes européens . Plus récemment, s’est tenue à Birmingham une conférence des groupes révolutionnaires appelée par le « Forum des Midlands », à laquelle PI, ainsi que d’autres organisations révolutionnaires, a également participé. La volonté de tenir ces réunions, ainsi que le caractère fraternel des discussions qui s’y sont tenues entre les groupes participants, témoignent bien de ce renouveau quant à l’esprit d’ouverture.

Depuis que PI a lancé son Appel (2 mars 2009), de nombreux groupes et individus ont répondu, parfois à plusieurs reprises. Certains groupes ont eux-mêmes sollicité les réactions d’autres groupes (3) , comme on peut s’y attendre dans un processus vivant. L’Appel a donc été entendu et son écho s’est répercuté dans de nouvelles directions.

Les réactions ont été nombreuses et généralement positives. Certaines sont fortement critiques par rapport aux positions de PI, d’autres soutiennent mais avec prudence, d’autres soutiennent avec plus d’enthousiasme et sont prêts à s’engager dans des initiatives communes. Dans le bref compte-rendu ci-dessous, nous synthétiserons la façon dont les groupes et individus se sont positionnés par rapport à l’Appel .

Les Irréductibles du Parti, attachés au Passé (très lointain)

La réaction la plus défavorable est venue de la Fraction interne du CCI (réponse en date du 25 avril 2009) : « Nous ne répondrons pas favorablement à cet Appel car nous ne considérons pas qu’il puisse représenter un pas en avant dans le regroupement des forces communistes. Nous pensons même qu’il représente une voie opposée à cette nécessité ». La Fraction dénonce la « nature politique, attrape-tout de l’Appel », qui serait une ouverture aux anarchistes : « (…) Aucun mot sur l’insurrection prolétarienne, aucun mot sur la dictature du prolétariat, aucun mot sur le parti, aucun mot sur l’Etat, etc. ». L’Appel serait (aussi !) une démarche masquée pour constituer un pôle anti-CCI : « votre Appel (…) vise aussi, ou pour le moins ouvre la porte (…) à un regroupement dans un front anti-CCI ». Pour la Fraction, l’initiative pour un processus de regroupement est lié à la reconnaissance du critère Parti : « Pour nous, aujourd’hui, toute initiative visant au développement d’un processus de regroupement n’aurait de sens que si le critère de l’organisation politique et du parti communiste mondial est au centre d’un tel appel (…) seul le BIPR nous paraît représenter, en ce moment, le pôle autour duquel un tel processus de regroupement pourrait s’articuler et se développer. Votre Appel est non seulement éloigné d’une telle perspective, mais il semble même qu’il lui tourne le dos ».

Les diatribes lancées contre les anarchistes, la revendication explicite de la conception de Lénine de l’organisation, ces outils conceptuels dont se prévaut la Fraction, voilà qui signe la référence au passé, comme s’il ne s’était rien produit depuis un siècle, comme si le prolétariat et ses organisations étaient restés immuables, comme s’il n’y avait rien de nouveau à comprendre concernant la trajectoire du capitalisme, la domination de la loi de la valeur, la façon dont la conscience se développe. Heureusement pour l’avenir des discussions et des contacts, nous n’avons reçu qu’une seule réponse de ce type.

Les supporters modérés : sceptiques, mais pourquoi ? Un deuxième groupe est constitué par des réponses qui se déclarent positives à l’Appel, tout en émettant des réserves à propos d’un enthousiasme trop grand, peut-être démesuré compte tenu de la période actuelle. Le CDP par exemple (Réponse en date du 11 avril) se déclare d’accord pour répondre favorablement à l’Appel et partage le désir de relancer et poursuivre la discussion.

Le CDP, comme DA de la revue « Letters » émet une réserve par rapport au caractère d’urgence souligné dans l’Appel et met en garde contre les initiatives prématurées : « Cependant, des voix se sont élevées pour nuancer le caractère d’urgence mis en avant dans l’Appel. Pour l’heure, il n’y a pas de mobilisation générale des forces sociales révolutionnaires même si on assiste ici et là à des frémissements. D’autres ont trouvé prématurées certaines de ses propositions, comme par exemple d’envisager dès maintenant des interventions communes ». Le CDP rappelle (avec raison) que d’autres initiatives de discussion collectives lancées par le passé, parmi lesquelles le Réseau de discussion, ont tourné court. « Le réseau international de discussion, ouvert au plus grand nombre avec un minimum indispensable de critères de participation, a, malgré de nombreux échanges fructueux et non négligeables surtout au début de son existence, rencontré de multiples difficultés et ne fait plus que vivoter parce qu’aussi nous n’avons pas su et pu remettre en question les analyses à la lumière de la dure réalité. PI nous invite à mesurer les divergences et les accords mais cela devrait aussi passer par comprendre les causes de la situation actuelle du réseau afin d’éviter un possible échec de ce dernier Appel ».

Il est vrai que le risque d’une retombée après un début enthousiasmant existe toujours. Mais il est vrai également que la situation a changé depuis la création du réseau de discussion. Les fissures économiques et sociales dans l’édifice capitaliste sont devenues plus évidentes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient à l’époque. Le caractère déterminé, actif, de l’activité des révolutionnaires l’est également, sous la pression des interventions, de la clarification théorique, ainsi que des contacts et des discussions menées avec d’autres groupes.

Les supporters sceptiques soulèvent, à juste titre, la question de l’origine de la fragmentation actuelle du milieu révolutionnaire. Cette question est abordée à la fois par le CDP et par le groupe « Freundinnen and Freunde der klassenlosen Gesellschaft » (Les Amis de la société sans classe). Selon le CDP : « On ne peut qu’être d’accord avec PI sur le constat que le milieu révolutionnaire est profondément divisé, mais le sectarisme n’est pas la seule cause de cette fragmentation. Elle est aussi le produit des fractures nées dans le mouvement ouvrier du siècle passé que la réalité actuelle ne peut effacer parce qu’elle ne nous a pas encore contraint à nous débarrasser des idées mortes qui pèsent sur le cerveau des vivants et à réfléchir à partir du futur. Et pourtant, c’est surtout ce dernier qui doit donner le sens au présent ».

Les « Amis de la société sans classe » défendent une position similaire : « we see in the fragmentation within the « pro-revolutionary » milieu the result of more than 80 years in which after the defeat of the proletarian revolutionary wave the class itself has been fragmented and has acted in a fragmented way. Sectarianism is not the cause of the present lamentable situation of the milieu but partly the expression of the lamentable situation of the working class. So, overcoming the division of the “pro-revolutionary” milieu is desirable but is not essentially a matter of will, it is primarily a matter of how clearly and unequivocally the issues at stakes appear for the class and for the “milieu”. For the moment we do not see the real possibility of bringing together all the efforts done by multiple local pro-revolutionary groups, because of the diversity of regional situations and of the analysis and opinions about what are the essential and priority tasks”.

L’idée selon laquelle on ne peut pas faire des pas décisifs tant qu’on ne sait pas vers où on va, est correcte. Si PI a pris l’initiative de lancer l’Appel, c’est parce que, par ailleurs, nous travaillons depuis des années les questions théoriques liées à la trajectoire du capitalisme depuis la deuxième guerre mondiale : catastrophe écologique, génocides, mondialisation, crise économique, développement de la conscience de classe. C’est parce que nous pensons que des avancées théoriques sont POSSIBLES, des avancées qui capturent les changements de la réalité depuis 50 ans, que nous pouvons et voulons aborder la discussion ouverte avec d’autres groupes. Les enthousiastes

Parmi les réactions les plus enthousiastes à l’Appel, nous aimerions mettre en exergue celle du Forum pour la Gauche Communiste, qui publie la revue Controverse (Réponse en date du 29 Mars, en français et en anglais) : « Nous pensons donc que la reprise des contacts au sein du milieu révolutionnaire devrait également se pencher sur les tâches consistant à « rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance », et ce « sans aucun dogme » … « sans opposer à ce travail indispensable d’analyse historique le cliché de la mobilisation immédiate des ouvriers » (…) « Nous nous engageons déjà à soutenir toutes les initiatives, aussi modestes soient-elles, allant dans ce sens ». Le Forum a ainsi soutenu l’Appel, en participant à nos réunions de discussion, en diffusant l’Appel à d’autres groupes, en organisant des réunions avec d’autres groupes qui se tiendront dans un avenir proche. Un début de concrétisation de l’Appel a donc eu lieu, grâce à l’enthousiasme d’un ensemble de groupes et de camarades (Tumulto, les Amis pour une société sans classe). La prise de position de l’ ex-Communist Bulletin Group (en Avril 2009, à la réunion de Birmingham) est également intéressante à citer : “internally, we must move away from the practice of seeing discussions as something that takes place primarily behind close doors and only “released” to the milieu when “done and dusted”. Externally we must encourage joint interventions, dissemination of press and leaflets notes as something pragmatically useful but as cementing solidarity between us”. Ces groupes, tout en reconnaissant l’existence de divergences et la nécessité de clarification de points théoriques, adoptent dès à présent une attitude pro-active d’ouverture à la discussion et aux initiatives communes. Conclusions

Nous avons reçu beaucoup d’autres réactions, qui n’ont pas été citées ici (Fr., La lettre Internationaliste et GS, Philippe Michel, B. York, Internationalism et le CCI, John Ayers, John Garvey, Against the Wage, Perry Sanders (Chirevnet), Victor (Montréal, au nom du BIPR), la revue ‘Letters’). Si l’ Appel de PI/IP a déjà révélé un élément important, c’est un certain degré d’ouverture au débat, qui témoigne d’une nouvelle période possible quant au fonctionnement des relations entre les groupes. Notre but est d’inciter les groupes à dépasser les attitudes sectaires (centrées sur « ce qui nous différencie » plutôt que sur « ce sur quoi nous voulons aller »), les attitudes de compétition. Nous voulons réaffirmer notre conviction : il faut être ouvert au « Nouveau » : « renouveau du marxisme » : nécessité de critiquer non seulement le léninisme, mais aussi les théories de la Gauche Communiste ; considérer les limites des apports des gauches et les développements dont nous avons besoin pour comprendre le monde aujourd’hui ;

Le « Nouveau » dans les formes d’organisation : comment le prolétariat met-il en question la « forme-valeur » aujourd’hui et quel rôle les révolutionnaires peuvent-ils jouer dans cette transformation ? Maintenant que l’Appel a été lancé, maintenant que plusieurs groupes et individus ont répondu favorablement, nous devons faire le pas suivant, en assumer concrètement le contenu.

En ce qui concerne la suite à donner à l’Appel, plusieurs propositions :

Publier les débats concernant cet Appel Échanger les informations concernant les réunions à venir planifiées par PI ainsi que par les autres groupes/participants ; Diffusion conjointe de la presse, des tracts ; Organiser ensemble des réunions de discussions à Bruxelles, Paris, New York, en Grande-Bretagne et dans plusieurs villes de France où se trouvent d’autres camarades/groupes intéressés ; Interventions conjointes dans des grèves et des manifestations Tenue d’une réunion commune dans 6 mois, dans laquelle chacun présentera son analyse de l’évolution de la situation ainsi que des initiatives entre les groupes. L’avenir nous dira jusqu’où l’Appel lancé par PI aura été utile pour faire avancer la clarification et l’engagement plus actif et plus efficace des révolutionnaires en ce qui concerne l’intervention dans les luttes.

Perspective Internationaliste


Notes

1. La notion de travailleur collectif a été formulée par Marx dans les Grundrisse. Au stade développé du capitalisme, il est utile de considérer les travailleurs salariés comme un corps participant de manière collective à la valorisation du capital. Ainsi, les enseignants, les travailleurs du transport de marchandises, les travailleurs dans le domaine de la santé sont inclus dans le concept de « travailleur collectif » dans la période où la loi de la valeur pénètre de plus en plus TOUS les aspects de la vie sociale.

2. Subjectifié se réfère à la façon dont le prolétariat est assujetti à l’idéologie capitaliste, de par sa position de classe exploitée. La subjectification se modifie en fonction des conditions historiques et sociales. Par exemple, les travailleurs de la 2ème moitié du 20ème siècle sont davantage assujettis via la consommation de marchandises, étant donné que l’augmentation de la productivité a permis la production à faible coût de la plupart d’entre elles. Les travailleurs sont également assujettis par la nécessité de produire de la valeur. La valeur est produite non en tant que travail créatif, mais en tant qu’élément subordonné à l'activité industrielle.

3. Le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste a traduit l’Appel en plusieurs langues et a également sollicité la réaction de divers groupes en Europe.


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