LES EMEUTES DES BANLIEUES EN FRANCE


Si la théorie révolutionnaire doit être une force, non seulement pour interpréter le monde, mais aussi pour le changer, elle doit être plus qu’un mantra qui répète sans tenir compte des spécificités de la situation. Elle doit être capable d’analyser et d’interpréter comme un guide pour notre compréhension future

Les désordres civils qui ont secoué la France en octobre et novembre 2005, ne furent pas de nouveaux événements. Des événements similaires aux émeutes se sont passées en GB et aux USA récemment. La tâche des révolutionnaires est de chercher à situer ce phénomène dans certains schémas et de pouvoir raisonnablement prévoir comment ces actions affectent la politique de la classe ouvrière.
Il est à regretter que dans les sections du milieu révolutionnaire, les vieux dogmes concernant la « nécessité d’un parti révolutionnaire » apparaissent à la surface sans une analyse plus profonde .
De telles expressions ne permettent pas de faire avancer la compréhension de la période de l’histoire que nous vivons. Nous croyons qu’au cours de la décadence du capitalisme, la chute de la domination réelle du capital, et le continuel déplacement de la force de travail des processus productifs, comme les émeutes, ne sont pas seulement souhaitées mais inévitables. Comme les marxistes , nous ne tentons pas seulement d’expliquer la cause de tels débordements mais aussi la nature de ceux-ci et de voir comment ces révoltes peuvent se rattacher à une révolte plus large contre la société.
Parmi les questions que nous avons besoin de poser on a : pourquoi ces explosions arrivent, qui sont les émeutiers, font ils partie de la classe ouvrière, et finalement quelle est la signification de ces actions ? Les réponses jetées dans ce bref article, ne peuvent être concluantes concernant ces points, mais peuvent donner des conclusions préliminaires.

QUE S’EST-IL PASSÉ ?

Depuis 3 semaines , la France est en colère et souvent proteste violemment. Les images des jeunes en émeute, …. ?, et les voitures brûlées ont rempli les images des medias ( souvent les mêmes images comme dans les journaux permettent d’accroître leurs circulation). Néanmoins, c’est l’impression la plus visible et l’empreinte d’une insurrection répandue depuis mai 68. Le 27octobre 2005, dans les heures qui ont suivi la mort de deux jeunes d’origine nord africaine, 23 voitures de police ont été enflammées, et les jeunes de la banlieue au Nord de Paris, de Clichy sous Bois, ont bombardé la police avec des briques et des pierres.
Il est difficile de savoir ce qui ce serait passé si le jour qui a suivi la mort des jeunes, le premier ministre de l’intérieur Nicolas SARKOZY n’aurait pas comparé les émeutiers à… « la racaille » .et dénié le fait que la police s’était mise à poursuivre les jeunes.

Si au début une centaine de voitures ont été brûlées chaque nuit en France, après les commentaire infâmes de Sarkozy et pendant 22 jours, les émeutes ont agité la France : en plus des banlieues de Paris, 300 villes ont aussi connus des émeutes ; 10000 voitures ont été brûlées avec un record nationale de 1480, le 6-7 novembre ; presque 3000 personnes ont été interrogées ( 1000 d’entre elles sont mineures ; 126 policiers et gendarmes ont été blessés .
Le 17 Novembre , les autorités ont annoncé un retour à la normale., quoique l’état d’urgence proclamé le 17 Novembre est resté d’application jusqu’au 4 janvier.
Maintenant mis à part la violence, nous devons rappeler, que celle-ci s’est largement exprimée contre la propriété publique : Police, autos, stations de bus, camionnettes postales, buildings publics ont été incendiés ou attaqués. Dans de telles situations des innocents sont inévitablement blessés. Les deux plus importants actes de violence commis sont la mort d’un homme de 61 ans qui a été battu par un jeune, et une femme handicapée qui a souffert de sévères brûlures, elle était incapable de s’échapper du bus qui avait été mis à feu.
Quoiqu’il n’y ai pas d’excuses pour ce genre d’actes, on doit aussi se souvenir que le bilan de ces émeutes n’est que de 2 morts.

QUI SONT LES ÉMEUTIERS ?

Ceux qui ont fait partie des émeutes sont des jeunes de différentes origines nationales Quand les émeutes se sont répandues, elles sont devenues le révélateur d’autres doléances à travers la France. ( elles ont même inspiré des actions en Belgique en Allemagne et dans d’autres pays Européens). Clichy-sous-bois est une banlieue située à 16 KM du Centre de Paris, Clichy-sous-bois est clairement séparée; le métro de Paris ne dessert pas la cité. La ligne de chemin de fer la plus proche est dans la ville voisine Le Raincy, approximativement éloignée de 4 KM.

La ville remonte au Moyen Age mais c’est seulement en 1950 ou 60 que l’urbanisation a commencé à prendre place avec la création de projets de logements sociaux massifs, destinés à fournir une habitation décente aux vagues d’émigrés s’installant en France. Quoique la vision des constructeurs étaient de spacieuses habitations éloignées de l’intérieur des villes et de la foule, le résultat a été quelque chose comme le monde sinistre dépeint dans le film de Mathieu KASSOVITZ en 1995 La Haine . La population de ces banlieues et des communes similaires souffrent du challenge quotidien du chômage , du racisme, et de l’ennui.

La population de ces cités a été grossie par de larges vagues d’immigration, mais ce n’est pas un nouveau phénomène. Dans la plupart des cas, ceux qui ont fait partie des émeutes n’étaient pas les immigrants mais les fils et filles comme les petits fils et petites filles des immigrants ; toutefois pour beaucoup ils sont souvent considérés comme immigrants, Nord Africains, pas encore tout à fait français ; ils représentent les autres, le Noir, le Nord Africain, le Musulman.

En plus du racisme au quotidien, le chômage dans ces cités est chronique. Les statistiques officielles situent le taux de chômage une fois et demi plus important qu’à Paris. En accord avec un rapport de la BBC, le chômage pour les gradués universitaires en France est de 5% alors que pour les gradués Nord Africain, cela atteint 25.6%. L’Organisation « SOS racisme » a mené une opération en envoyant des résumés identiques avec des noms européens et Nord Africains et a reçu beaucoup plus de réponses des premiers que des derniers. L’Etat Français offre des primes aux entreprises qui vont s’installer dans les banlieues, mais cela ne veut nécessairement dire plus d’emplois pour la communauté. Un nom pas Français ou un adresse provenant d’un endroit voisin pas très réputé est souvent suffisant pour choisir un candidat d’un « origine plus respectable ». Il a été dit qu’à une réunion à Aulnay sous Bois, quelques uns ont exprimés du chagrin pour l’incendie d’un magasin Renault, parce qu’il n’emploie pas de main d’œuvre locale et est considéré comme un parasite.
Les jeunes qui prennent part aux émeutes sont aliénés, isolés et en colère. Mais ils voient les résultats : Les medias parlait d’un jeune en formulant, avant les émeutes, la police s’adressait toujours à lui par le TU informel, mais après les émeutes ils utilisent le plus respectueux VOUS .

Parce que les émeutes sont largement spontanées et sans leader, beaucoup de commentateurs gauchistes se sont distancés des évènements. Bien que de nombreuses organisations ont produit des déclarations ou distribués des tracts, quelques uns semblent croire que cet apparente demande d’être inclus dans la société signifie que les émeutes furent simplement un moyen de défoulement, et qu’elles n’ont aucune signification. Cela veut-il dire qu’une grève soutenue par les syndicats et qui ne demande rien de plus que de meilleurs soins médicaux et salaires n’a aucune signification ?
Seulement les révolutionnaires dans leurs chaises longues peuvent attendre la fin de la pauvreté et du racisme en étant parfaitement formés à la lutte révolutionnaire comme Athéna sortant de la tête de Zeus.

la campagne contre les foulards ( et celles renforçant les cultures nationalistes), on peut aussi faire un culte de la démocratie française, et tenter de rallier les gens à l’Etat démocratique capitaliste.
La gauche voudrait argumenter que la France a besoin d’une identité multi-culturelle et lancera des appels pour dépenser de l’argent pour les centres culturels communautaires, les tables de ping-pong, et les petits jobs, aussi bien qu’une mention en faveur d’un contrôle communautaire à la place de la police et une démocratisation de l’Etat.
Les deux solutions considèrent que le problème des émeutes est un problème au niveau de l’identité nationale.

Bien sûr le cœur du problème n’est pas abordé, ni ne peut l’être. Dans les numéros précédents de Perspective Internationaliste, nous avons analysé la société capitaliste comme décadente et dans une phase appelée la domination réelle du capital. Une conséquence de ceci est que du fait des besoins de la production capitalisme, le capital doit continuellement renvoyer le travail vivant des processus de production, donc doit continuellement créer des bombes à retardement comme les banlieues françaises. Mais ceci n’est pas simplement un problème français, c’est aussi un problème global.
Et quand les luttes de ces parties de la classe ouvrière trouveront les voies pour joindre leurs luttes avec le milieu central de la classe ouvrière, là il n’y aura pas de fin en vue.

Fischer

Post-scriptum

Moins de six mois après ces émeutes et l’inquiétude provoquée par l’embrasement des banlieues, la classe dominante française a été confrontée à un autre soulèvement social. Et si une certaine logique gauchiste est de faire simplement découler ces derniers événements des émeutes de novembre, il serait erroné néanmoins de ne pas faire le lien.
Les fameux graffitis de Mai 68 scandaient que la seule demande raisonnable était de demander l’impossible. La lutte sociale et les actions révolutionnaires sont rarement raisonnables pour les classes dominantes. Dès lors l’impossible devient, pour nous, la seule voie raisonnable.
Le CPE défendu par le gouvernement VILLEPIN allait avoir comme effet de rendre les conditions de travail des jeunes de plus en plus précaires et d’accentuer le taux d’exploitation capital français. Malheureusement pour VILLEPIN, son plan a rencontré l’opposition de la jeunesse française qui s’est rendu compte des effets dévastateurs des objectifs poursuivis par le gouvernement français. Les émeutes de novembre avaient déjà fragilisé le gouvernement français et ont facilité la résistance des étudiants et lycéens.


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