VIRAGE A GAUCHE EN AMERIQUE LATINE.


En net contraste par rapport aux années 90, cette première décennie du 21eme siècle a vu un dramatique virage à gauche dans toute l’Amérique latine ; un tournant amené par les urnes, dans le cadre de la « vraie démocratie » que Washington tente si difficilement d’établir sur son flan sud et non, comme par le passé, par le biais de la guérilla « foco or golpe d’estado. »

2003 a vu en Argentine l’élection du péroniste de gauche Nestor Kirchner suivi, en 2004 par la victoire de Tabaré Vazquez Rosas aux élections présidentielles uruguayennes. L’année passée a vu la consolidation d’Hugo Chavez « révolution bolivarienne » au Venezuela et la certitude virtuelle qu’il gagnera les prochaines élections présidentielles. Le proche allié de Chavez, Evo Morales, porte-drapeau du mouvement pour le socialisme, a gagné, de manière écrasante, les élections présidentielles boliviennes.

Le Brésil, pouvoir dominant d’Amérique du sud, a un gouvernement de gauche dirigé par Lula da Silva et les pronostics pour cette année sont la réélection de Lula et de son parti des travailleurs, tandis que sur la côte pacifique de l’Amérique du sud, le Chili (où les Etats-Unis ont orchestré, il y a trois décennie par un coup d’Etat, le renversement d’un gouvernement de gauche) a élu une autre socialiste Michèle Bachelet pour perpétuer la tradition de dirigeants de gauche qui ont façonné la politique chilienne pendant les vingt dernières années. Ce qui a pour résultat que les trois quarts de la population d’Amérique du sud vivent sous un gouvernement de gauche. Dans les Caraïbes, la victoire de René PRESVAL aux élections présidentielles à Haïti est une autre consécration pour la gauche alors qu’au Nicaragua il semble possible que le chef sandiniste Daniel Ortega gagne cette année les élections présidentielles. Enfin, les élections présidentielles mexicaines cette année pourraient voir la victoire du parti de la révolution démocratique (PRD) sous la direction de Andres Manuel Lopez Obrador.

Dans le sillage de ce tournant à gauche de l’Amérique latine on se trouve confronté à quatre questions. Premièrement quel impact aura le pouvoir de gauche sur la classe ouvrière et sur la masse de la population dans une région où le niveau de vie a nettement décliné dans les décennies précédentes ? Deuxièmement, les gouvernements de gauche représentent-ils un rejet du néo-libéralisme que l’hégémonie américaine a tenté d’imposer en Amérique latine les deux décennies passées ainsi qu’un rejet de la mondialisation ? Troisièmement, les gouvernements de gauche représentent –ils une menace pour la domination des Etats-Unis sur l’hémisphère ouest, un danger pour l’impérialisme américain ? Quatrièmement, les gouvernements de gauche, quelque radicaux qu’ils soient, posent-ils un défi au capitalisme et à ses lois, un défi au mode de production basé sur le fonctionnement de la loi de la valeur et son barbarisme croissant ; en bref, ce tournant à gauche est-il en tous les cas une forme d’anti-capitalisme ?

Les années 90 en Amérique latine montrent l’acceptation bien répandue, par sa classe dirigeante et ses élus, que ce qui est connu comme le « consensus Washington » est enchâssé dans la dénationalisation des secteurs clefs de l’économie précédemment étatisée et la vente des entreprises de matières premières, d’utilité publique, banques, assurances et médias à des firmes multinationales le plus souvent nord-américaines, l’ouverture des marchés jusqu’ici protégés aux marchandises et capitaux étrangers, l’imposition fiscale draconienne et les politiques monétaires enchaînées au diktat du FMI et au « commerce libre » style OMC.

L’échec de décennies de protectionnisme, de nationalisme économique, de dictature populiste de gauche et de droite pour atteindre un bon niveau de vie ou du moins réduire la pauvreté ont mené à l’élection de gouvernements de centre droite dans la plus grande partie de l’Amérique latine. Dix ans plus tard, l’échec du « consensus Washington » à garantir un niveau de vie acceptable et à réduire le nombre de gens vivant dans une pauvreté abjecte mena aux mouvements de masse, aux grèves et aux conflits sociaux découlant des conséquences néfastes de la mondialisation et des gouvernements de droite favorisant cela. Dans le vide créé par l’échec du « consensus Washington » et des régimes qui le soutenaient émergea une série de politiciens de gauche non corrompus par quelque lien avec les politiques discréditées qui promettaient la justice sociale, l’égalité et des politiques pour que la classe ouvrière et les pauvres puissent atteindre un certain niveau de vie. La loi de la valeur quoiqu’il en soit, est implacable et les gouvernements de gauche d’Amérique latine ne peuvent remettre en question les lois et les normes de la mondialisation capitaliste, ce qui ne leur laisse qu’une petite marge de manœuvre entre les contraintes de la valeur de production et la nécessité de prévenir une explosion sociale. Dans l’opposition la gauche pouvait promettre de concurrencer l’hégémonie yankee et le FMI.

Au pouvoir et manquant de ressources économiques et de ressources fiscales pour soutenir sa rhétorique incendiaire il ne reste que le recours au théâtral. Ainsi, Evo MORALES veut rattraper ses promesses de terminer la guerre contre les plantations de coca imposées par les américains « causachul coca ». Il a beau vociférer en kuechua pour une longue vie du coca, faisant ainsi résonner deux cordes sensibles des masses boliviennes – l’utilisation de la langue indigène et la rhétorique incendiare contre les Yanqui. Le nouveau président de l’Uruguay, Rosas, a choisi le jour de son investiture pour rétablir les relations diplomatiques avec Cuba. Le président argentin Kirchner a suspendu la loi accordant l’immunité aux anciens chefs militaires pour les crimes commis sous la dictature et déclara le pays libre de toute dette après le règlement du prêt au FMI.

Il n’y a rien dans tout cela qui peut réellement toucher Washington mis à part que cela ne durera pas longtemps avant que la classe des travailleurs d’Amérique latine réalise que l’autorisation de mastiquer du coca n’est seulement qu’un palliatif à la faim. En effet, seul le Venezuela et seulement parce que les prix du pétrole atteignent aujourd’hui des records a trouvé les moyens économiques pour créer des programmes pour les pauvres et cela dépend de la santé de l’économie capitaliste mondiale. Quoiqu’il en soit, Hugo CHAVEZ dépense l’essentiel de ses profits ailleurs dans un somptueux budget militaire en perpétuelle augmentation, la formation d’agences parastatales pour propager son idéologie bolivarienne et l’utilisation des revenus du pétrole et du gaz nationaux pour soutenir des régimes amis qui partagent sa vision. Peut-être la misère écrasante dans laquelle la plupart des vénézuéliens vivent n’a pas été allégée et n’importe quelle baisse des prix du pétrole pourrait exacerber les effets de l’option de Chavez pour les canons plutôt que pour le beurre.

Aujourd’hui, le néo-libéralisme en Amérique latine n’a pas la même signification que dans les années 80 et 90 lorsqu’il était étroitement enchaîné aux politiques économiques imposées au Chili après le renversement D’ALLENDE par les « chicago boys » de la CIA, quand son moyen de contrôle était la privatisation de pratiquement toute l’industrie nationale et une politique fiscale et monétaire draconienne nécessaire pour promouvoir les investissements américains. Ce qui est essentiel aujourd’hui pour l’hégémonie américaine en Amérique latine est une « responsabilité » fiscale de la part de l’Etat, les normes étant celles édictées par le FMI ainsi qu’un engagement vis-à-vis des marchés libres pour le capital et les marchandises. Aussi longtemps que les paramètres d’un quart de siècle de mondialisation ont été respectés, aussi longtemps qu’il n’y a pas eu un retour aux politiques de substitution à l’importation , de nationalisation, de protectionnisme et de frein aux investissements étrangers qui caractérisent la gauche (et la droite populiste) en Amérique latine de la fin des années 70. Les gouvernements de gauche ne présentent pas une menace, même pas un inconvénient majeur pour l’hégémonie américaine. Ainsi la « discipline économique » et le respect pour les marchés libres ont caractérisé les gouvernements de centre gauche chilien des deux dernières décades avec peu ou pas de changements quand le président était un socialiste – politiques dans lesquelles Michèle BACHELET est fermement engagée. Au Brésil, Lula a poursuivi une politique économique dans la ligne du protocole énoncé par le FMI et sa réélection ne va pas causer de vagues à Washington. Et à en juger par son comportement comme maire de Mexico City, où la nécessité d’apaiser Washington était bien moindre qu’elle ne le serait en tant que président du Mexique Lopez OBRADOR et son PRD, ne vont probablement pas réveiller la colère de Washington et de Wall Street : sa plus importante réalisation en tant que maire étant une politique déterminée pour combattre l’inflation, les aides gouvernementales au secteur privé pour les investissements dans le logement, l’expulsion par la force des squatters des pays sous-développés et la désignation de l’ex-maire de New York et espoir républicain pour les présidentielles Rudy GIULIANI comme consultant pour atteindre une tolérance policière zéro contre le crime et la corruption.

Tandis qu’Evo MORALES, le nouveau président de la Bolivie, se présente lui-même et son MAS comme le pire cauchemar de Washington, menant les néo-staliniens de la Monthly review à célébrer sa victoire comme « un événement historique mondial de première importance (1) »,le nouveau président comme première condition à son entrée en fonction fit la paix avec l’oligarchie de Santa Cruz, les intérêts qui continuent à dominer les riches régions de la Bolivie. Le contrôle du « Crucenos » sur les immenses régions pétrolières et les réserves de gaz situées dans l’est bolivien a permis l’accueil favorable de MORALES et un veto virtuel sur ses politiques économiques, une condition pour le transfert du pouvoir dans la paix. Alors que le contrôle du MAS sur la très large population indigène de l’Alti Plano se montre indispensable pour avoir une sorte de paix sociale, une leçon qui a été intégré la décennie passée aussi bien par l’élite locale que par Washington, les Crucenos menacent de faire sécession, et le fait qu’ils contrôlent les réserves réelles de pétrole et de gaz a contraint le MAS à accepter certaines « règles de jeu » et la nécessité d’une exploitation profitable des ressources naturelles du pays dans le cadre des lois de la mondialisation qui sont pour le moment les normes du capitalisme.

Au Nicaragua, la campagne de Daniel Ortega avait pris une forte orientation à gauche tant qu’il cherchait à devenir le futur président, en contraste en 2001 quand il se présentait lui-même comme pro-capitaliste. ORTEGA maintenant est à l’unisson de MORALES et d’Hugo CHAVEZ et Washington réagit avec lui de la même manière. Quoiqu’il en soit il est improbable que, même dans la perspective d’une victoire sandiniste au scrutin, il y ait un réel défi par rapport aux bases de la mondialisation et des politiques de discipline fiscale qui y sont attachées. Du reste, ORTEGA a un concurrent à la présidence qui revendique l’étiquette de sandiniste : Herti LEWITES, le maire sandiniste de Managua récemment exclu du parti sandiniste (car il défiait l’autorité de Daniel ORTEGA) qui est le candidat du « business blok » sandiniste et qui a ouvertement soutenu les bonnes relations avec les Etats-Unis : « nous avons besoin les uns des autres » résume l’actuelle position de la gauche en Amérique latine.
Enfin, il y a Hugo CHAVEZ la dernière incarnation du caudillismo de l’amérique latine, ami et allié de FIDEL et chef de la révolution bolivarienne. Quoiqu’il en soit, au-delà de la rhétorique socialiste et anti-yankee, CHAVEZ insiste sur le fait que son modèle fait partie du « marché socialiste » (sic !) et sa défense de la zone de libre échange sud américaine (Mercosur) (2), dont le Venezuela est maintenant membre ainsi que la formation d’un consortium pétrolier étatisé, Petrosur, constitue une acceptation implicite des éléments de base de la mondialisation capitaliste sous le couvert d’anti-américanisme.

Et qui plus est, en dépit de multiples manœuvres pour que le paiement pour le pétrole vénézuélien soit fait dans une autre monnaie que le dollar, CHAVEZ n’a rien fait pour concurrencer actuellement la suprématie de cette monnaie sur les marchés pétroliers, un des plus grands fondements de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. En résumé, depuis la gauche modérée jusqu’aux fractions plus rouge que rouge, le tournant à gauche en Amérique latine ne semble même pas présager un défi à l’hégémonie économique du capital américain.

Que peut-on dire du défi des gouvernements de gauche sur les visées militaires et politiques de l’impérialisme américain ? Alors qu’il est pratiquement impossible de séparer les bases économiques de l’hégémonie des Etats-Unis en Amérique latine des visées stratégiques générales de l’impérialisme américain, ici aussi le défi lancé par la gauche latino-américaine à Washington est plus rhétorique que réel, visant plus un contrôle des masses latino-américaines qu’à lancer un défi à la domination mondiale des Etats-Unis.

En discutant cette question particulière, il est important d’être clair sur un point, l’opposition à l’impérialisme américain et ses visées stratégiques, même quand elle est réelle, et non essentiellement rhétorique, n’équivaut pas à une opposition au capitalisme. Si cela n’était pas le cas les révolutionnaires auraient apporté leur soutien à HITLER et STALINE qui, en vérité, furent sérieux dans leur opposition à la domination mondiale américaine. Clairement, on ne doit pas confondre un conflit inter-impérialiste avec une révolution anti-capitaliste.

Il semble clair que le tournant à gauche en Amérique latine n’est pas précurseur d’un conflit inter-impérialiste naissant, l’indication d’un défi à la domination américaine sur l’ordre mondial capitaliste. Ce n’est pas qu’on n’en trouve pas certains à gauche (et à droite) en Amérique latine qui rêvent de lancer ce genre de défi, ou si un tel challenge était possible comme résultat d’un affaiblissement des Etats-Unis qu’une large part de la gauche ne voudrait pas chercher à prendre un avantage et aller de l’avant. Dans de telles circonstances, la rhétorique de CHAVEZ, MORALES, ORTEGA et même celle de LULA peuvent être transformées en une réelle initiative anti-américaine en économie et en politique étrangère. Mais nous n’en sommes pas là, et, dans les circonstances actuelles un tel changement de politique – qui n’a rien d’anti-capitaliste ou de révolutionnaire – n’est pas à l’ordre du jour du pouvoir de gauche. En dépit de la recherche par les gouvernements de gauche, par exemple celui du brésilien LULA, de marchés en Asie pour accroître ses exportations agricoles (le commerce agricole brésilien est maintenant numéro un pour la production de fèves de soja et cherche désespérément de nouveaux marchés d’exportation) et de sources d’investissement ; en dépit du battage fait autour du voyage en Amérique latine du président chinois HU, riche en promesses d’investissements et de commerce, il y a un manque des deux. Les Etats-Unis restent le partenaire le plus important de l’Amérique latine et de beaucoup sa plus large source d’investissement de capitaux.

L’actuel tournant à gauche en Amérique latine ne devrait pas marquer le commencement d’un défi vis-à-vis du rôle d’arbitre de l’ordre capitaliste joué par les Etats-Unis. De fait, spécialement en Amérique latine, l’extrême rapidité d’extension du protestantisme évangélique, sous la houlette d’impétueux missionnaires américains constitue un appui très remarqué à l’hégémonie culturelle des Etats-Unis, les importantes implications politiques de cela ne commencent qu’à devenir apparentes.

Est-ce que le tournant à gauche dont on parle représente de quelque manière que ce soit une menace à l’ordre capitaliste en Amérique latine ? Et sinon, quel rôle joue la gauche au pouvoir dans cette région du monde ?

L’anti-capitalisme est trop souvent confondu avec une opposition à l’impérialisme américain, avec le nationalisme (exemple le « Bolivarisme »), ou avec un rejet des « marchés libres » et une politique économique autarcique. Ou l’anti-capitalisme est confondu avec un changement radical dans le mode de distribution du bien-être à la société. A une époque où une variété de projets politiques proclament leur anti-capitalisme tout sauf l’abolition du mode de production basé sur les opérations de la loi de la valeur et du travail salarié comme marchandise, lesquels sont la source actuelle du barbarisme dans lequel vit actuellement l’espèce humaine, il est important de distinguer entre les changements, même les changements radicaux (3), de la structure du capitalisme et son renversement par la révolution.

Comme mode de production, le capitalisme a subi et sans aucun doute continuera de subir, jusqu’à son possible renversement par la révolution, une série de mutations et de transformations visant à consolider ses structures de base, face aux contradictions qu’il génère.

Parmi celles-ci, il y a la transition de la domination formelle à la domination réelle du capital, l’intervention croissante de l’Etat capitaliste dans l’opération de la loi de la valeur, cette dernière n’étant en rien contredite par les formes du néo-libéralisme, ainsi que la transformation du mode de production fordiste basé sur les chaînes de montage en un mode de travail basé sur le travailleur collectif, à la fois manuel et intellectuel, et la formation d’un seul marché mondial sous l’hégémonie du pouvoir capitaliste dominant, en l’occurrence les Etats-Unis.

Ces structures de base du capitalisme qui persistent malgré toutes les possible transformations internes, à l’application de la loi de la de valeur sont : l’exploitation et l’extraction de la plus-value d’une classe de travailleurs salariés, la fétichisation des lois économiques derrière lesquelles se situe l’exploitation de la majorité par la minorité (la base de la structure de classe du capitalisme dont la propriété individuelle est seulement une forme possible), l’impératif de l’accumulation de capital (« privé » ou « étatique ») et la dissociation croissante e entre valeur et richesse (valeur d’échange et valeur d’usage) contradictions à laquelle aucune forme de capitalisme ne peut échapper. Rien de ce qui est proposé par la gauche latino-américaine (ou ailleurs dans le monde) ne menace ces structures, même pas le projet que Hugo Chavez hésite encore à révéler aux technocrates et aux bureaucrates qui dirigent le bateau de la révolution bolivarienne. Tout ce qui est proposé par la gauche vise à la conservation des structures essentielles du capitalisme pendant qu’elle bricole seulement leurs formes.

Que peut alors faire la gauche à moyen terme ? Cela signifie que le capitalisme est peut-être capable de maintenir son contrôle sur la classe ouvrière et les masses populaires, même si les contradictions du capitalisme deviennent apparentes et s’accroissent jusqu’au point de rupture. Ici aussi, le chavisme est en fait un cas d’espèce. Les mobilisations des masses contre le diable yankee, les appels à imiter Simon BOLIVAR (propriétaire d’esclaves et leader de la révolution bourgeoise en Amérique du sud qui rêvait d’un empire latin), les comités de quartier créés pour débusquer les opposants au régime (à l’image de la révolution culturelle de Mao) et un vaste programme « Vuelta al campo » (retour à la campagne) qui envoie les pauvres et chômeurs, dont les rangs continuent de grossir, travailler la terre ce que la gauche voit comme un grand bien-être et un programme de travaux publics.

Mais l’envers du décor c’est l’horrible visage du travail forcé ; les deux faces du même capitalisme à l’heure actuelle. C’est cela la réalité du virage à gauche en Amérique latine. Contre cela il y a les actes de résistance et de combat de la classe ouvrière souvent contre les gouvernements de gauche dans des pays comme, par exemple l’Argentine. Mais cela est une histoire de combat de classe très différente du tournant à gauche en Amérique latine que nous avons tenté de décrire dans les grandes lignes.

Mac Intosh

Mars 2006.



Notes

(1) Monthly Review, volume 57 n° 9 février 2006. Un événement peut être comparable à la proclamation de Staline « socialisme dans un seul pays » ou de Mao « le grand bond en avant » ou sa « révolution culturelle » qui a été précédemment célébrée dans de nombreux numéros de cette publication.

(2) Mercosur est une zone de libre échange instaurée en 1986 entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay avec comme membres associés la Bolivie et le Chili.

(3) Qui plus est ces changements radicaux dans les structures du capitalisme ne constituent pas un processus menant au socialisme, mais plutôt le pas nécessaire à la reconsolidation et au renforcement du capitalisme et de sa classe dirigeante


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