A PROPOS DE LA DÉCADENCE : ÉLÉMENTS DE RÉPONSE AUX CRITIQUES


La tâche première des éléments révolutionnaires est de tenter de comprendre le monde dans lequel ils vivent et donc, le contexte et la perspective dans lesquels le prolétariat développe sa conscience et son activité de classe.

Parmi les différentes lectures du monde présentes au sein du milieu politique existe celle d’une évolution du MPC (mode de production capitaliste) périodisée avec une phase d’ascendance et une phase de décadence. C’est entre autres le CCI qui a défendu cette vision et qui a bâti toute sa cohérence politique sur ce socle théorique.Au sein de PI, ce débat, comme beaucoup d’autres questions théoriques fondamentales, a été requestionné et reste actuellement ouvert. Ceci veut dire que, si notre groupe rejette l’ancienne conception de la décadence comme elle était définie par Bilan et reprise par le CCI – arrêt ou frein dans le développement des forces productives - nous sommes actuellement en plein débat et n’avons donc pas de position achevée et unanime. La position qui sera présentée se conçoit donc davantage comme une contribution à ce débat plutôt que la synthèse de la position de notre groupe.

Ramassant les critiques ou questions qui nous ont été adressées ces dernières années, on peut formuler les notions générales qui sont à redévelopper selon les axes suivants :

1) Faut-il parler d’un MPC en évolution ou divisé en périodes historiques ?

2) Le MPC a-t-il eu un caractère progressif ou a-t-il toujours été profondément destructeur pour l’humanité ?

3) Comment articuler l’idée d’un déclin avec le développement des forces productives ?

4) La décadence implique-t-elle un effondrement définitif du système économique ?

5) Comment préciser la perspective historique et le contexte révolutionnaire : celui-ci est-il conditionné par un « mûrissement » des conditions objectives dans le sens d’un degré de développement des forces productives combiné à une gravité des contradictions économiques mondiales ; ou, comment définir le contexte favorable à la prise de conscience du prolétariat ?

6) Enfin, quel est le contexte global actuel et son impact sur le développement de la lutte et de la conscience de la classe ouvrière ?

1. PROGRESSIVITÉ ET/OU PÉRIODISATION:

Le MPC, comme tout système historique, est un rapport social global vivant qui a connu une évolution et des transformations profondes au cours de son histoire.Parmi ces transformations, on doit souligner le passage d’un capitalisme qui utilise quasi exclusivement la main-d’œuvre humaine à un système qui généralise l’emploi de la machine et de la technologie la plus perfectionnée. Et on désigne cette modification profonde dans le passage d’une phase de domination formelle du capital (dans laquelle la plus-value est extraite au départ de la partie de travail gratuite pour le capitaliste ; c’est donc la période où l’exploitation se matérialise entre autres par l’allongement de la journée de travail), au passage à une phase de domination réelle du capital ( caractérisée par le recours croissant à la machine et à la technique). L’utilisation massive de technologie augmente de façon exponentielle la productivité et par conséquent, augmente aussi le volume de production de marchandises, c’est-à-dire le nombre des valeurs d’usage.

Une première contradiction apparaît avec ce recours massif à la technologie : c’est la tension croissante puis la contradiction entre la valeur d’usage et la valeur d’échange qui ne croissent plus de manière harmonieuse. Un premier décalage se produit grâce à l’augmentation formidable de la productivité : là où le travailleur manuel avait besoin de temps pour réaliser son produit, la mécanisation et l’organisation du travail à grande échelle accroissent considérablement la vitesse et le volume de production. De plus, sous la pression de la concurrence, les producteurs tentent de produire toujours moins cher, recourent donc à des techniques de plus en plus modernes et produisent donc à une valeur inférieure à la valeur moyenne du marché. De plus en plus de produits sont fabriqués, la productivité augmente sans cesse, et leur valeur d’échange est moindre.

Ceci entraîne un autre phénomène extrêmement important : c’est la nécessité de détruire de façon massive de la valeur. En effet, nous savons que capitalisme rime avec pénurie : selon la loi de l’offre et de la demande, plus un produit est rare, plus il est cher et donc, plus il est susceptible d’apporter un bénéfice conséquent à son producteur. La surproduction ne peut donc impliquer une abondance de biens qui profiterait à l’ensemble de l’humanité. Ceci se traduit alors par la destruction de surplus alimentaires, par des destructions massives opérées par les guerres mais aussi par l’exclusion des « surplus » de travailleurs avec une chronification du chômage et de la précarité du travail. Et tout ceci est encore la description « soft » des conditions régnant dans les pays les plus industrialisés parce que dans les zones pauvres du globe, non seulement les populations sont soumises à la pression que je viens de décrire en partant d’une situation de concurrence inégale mais, de plus, connaissent le contexte de pauvreté absolue que la crise économique mondiale fait peser sur les régions défavorisées, avec son cortège de famines, de développement de maladies et d’augmentation de tensions sociales.

L’augmentation de la productivité explique les conditions d’existence contradictoires du prolétariat puisque celui-ci vit dans un confort matériel meilleur que par le passé, dispose de plus d’objets matériels et d’un accès à la technologie et à son utilisation au travers de l’accès plus facile à l’enseignement mais en même temps est exploité comme jamais ! La qualité de vie ne se mesure pas à la seule aune de l’accès à certains biens matériels mais est constituée par un ensemble d’éléments qui doivent correspondre aux besoins humains généraux. Par exemple, dans ce monde où l’accroissement de la productivité des pays développés permettrait de nourrir les populations défavorisées de la planète, un enfant meurt toutes les 3 secondes de malnutrition ou de maladie. Et dans ces zones privilégiées sur le plan de l’accès à la santé, à l’éducation, à un confort matériel, les travailleurs qui ouvrent cet accès par leurs revenus sont de plus en plus stressés, de plus en plus dans l’angoisse, le déséquilibre personnel, dans l’errance et la perte du lien social. Si la science moderne a permis une amélioration potentielle des conditions de vie, ce n’est pas elle qui répond aux besoins proprement humains et psychiques.

Ce phénomène de dévalorisation massive qui prend son ampleur progressivement, implique qu’à un moment dans l’histoire du MPC, il devient une caractéristique nécessaire et généralisée dans le fonctionnement du système économique mondial. Désormais, la poursuite du développement des forces productives ne peut se faire qu’à la condition d’une destruction massive (de l’environnement, des conditions d’existence, du nombre d’emplois, de valeurs).

Et c’est là qu’intervient un élément de basculement de la société : d’une part, on a un développement sans précédent de la productivité, de la production et de l’avancée technologique et, d’autre part, un développement parallèle de la destructivité à tous les niveaux de la vie. Il s’agit donc, à la fois d’une inversion de perspective globale de la marche de la société et donc, de perspective. La décadence est, pour moi, ce qui caractérise ce double mouvement apparemment contradictoire : développement d’un côté et destruction de l’autre. La décadence a donc une base économique : c’est l’approfondissement de la domination réelle du capital mais elle concerne la perspective globale et le fonctionnement général de la société. La décadence recouvre ainsi un changement qualitatif global qui résulte d’une transformation économique progressive. La perspective du développement devient synonyme de mort de l’espèce humaine et a donc des implications profondes sur les conditions de vie de l’espèce humaine ainsi que sur les perspectives que le MPC représente désormais pour l’humanité.

Parler d’ascendance et de décadence ne revient certainement pas à faire entrer la société dans des catégories morales mais sert à désigner des manières différentes d’accumuler le capital. Mais, s’en tenir aux strictes aspects économiques revient à ne pas voir la manière dont l’économie sert de base matérielle à la transformation de l’ensemble de la société. Ce serait ne pas comprendre le MPC comme un rapport social global dans lequel le prolétariat représente une contradiction fondamentale.

La période d’ascendance du MPC n’a pas marqué une exploitation moindre et un bien-être supérieur par rapport à la période de décadence. Néanmoins, la perspective de l’ascendance s’ouvrait sur l’espoir d’un développement de la vie de l’espèce humaine (combat contre la maladie, découvertes scientifiques,…) qui correspond au développement des idéologies humanistes. C’est la croyance que le prolétariat pourra être intégré dans la société et tout est fait, d’ailleurs, dans ce sens au travers, entre autres, du parlementarisme, de la création d’organes de représentation et de pression ouvriers. C’est pour cette raison que le prolétariat n’inscrit pas à l’ordre du jour de sa pratique de confrontation avec la bourgeoisie, la perspective du changement de système. Ascendance et décadence sont ainsi le reflet de modes d’accumulation du capital différents mais surtout d’une perspective différente pour la classe ouvrière.

La période de décadence implique l’inversion de cette perspective : l’horizon est devenu incertain, porteur d’insécurité, de désespoir et de mort pour l’espèce humaine. On y voit le développement de l’instabilité, la perte de cohérence politique, la perte du sens social, la vision à court terme, un gaspillage sans précédent, un développement des secteurs improductifs, la généralisation des guerres.

Le lien entre domination réelle et décadence se situe là : dans cette inversion de perspective, dans ce changement qualitatif provoqué par la transformation économique du système. Pour moi, il ne s’agit donc pas d’une transformation progressive du système mais d’un changement qualitatif résultant de cette transformation économique progressive et qui a des implications dans des domaines beaucoup plus larges que le domaine économique. Ce changement qualitatif concerne tous les aspects de la vie humaine et devient carrément une menace pour cette dernière. La décadence n’est pas un concept qui relève de l’idéologie comme certains ont pu le soupçonner mais est bien la caractérisation matérialiste de la transformation des conditions objectives et subjectives dans laquelle la classe ouvrière évolue, développe son activité et sa conscience propres.

2. PERSPECTIVES DIFFÉRENTES SELON LES PÉRIODES OU SYSTÈME UNIFORMÉMENT DESTRUCTEUR:

Pour certains camarades, le MPC est à considérer de façon uniforme comme un système qui est destructeur par essence et n’a connu d’autres modifications que le passage de la domination formelle à la domination réelle. Pour ces camarades, une des conséquences de ceci est que, dès la fin du 19eme siècle, les « conditions de la révolution » étaient mûres – mais je reviendrai sur cette dernière notion.

Cette façon de voir le système ne tient pas compte de la formidable potentialité que contenait le développement des forces productives sous le capitalisme ascendant. En effet, ce développement représente, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la potentialité de supprimer la pénurie. C’est aussi le développement de la science et de la technologie qui permet de faire des découvertes importantes en matière de santé et d’éradication de maladies graves. De façon potentielle, certains éléments portés par le capitalisme ouvrent donc sur des perspectives de mieux être pour l’humanité. Dans cette phase, le système lui-même a besoin d’une main-d’œuvre en meilleur état de santé et d’éducation ; l’amorce du passage à la domination réelle est synonyme d’autres formes d’exploitations compatibles avec une réduction de la journée de travail et avec l’accès à des conditions matérielles moins pénibles qu’au 19eme siècle. D’une certaine manière, les luttes ouvrières rencontrent des nécessités d’évolution du système. Néanmoins, ne tombons pas dans le piège de l’apparence : l’exploitation de la classe ouvrière a toujours été féroce, quelles que soient les formes que cette exploitation aie prise. De plus, il n’y a pas de science « pure », de technique « vierge » : les avancées, les recherches, les découvertes ont toujours lieu dans le carcan des intérêts capitalistes. Virginité qui sera d’ailleurs de plus en plus un rêve révolu avec la prééminence de la domination réelle du capital, la pénétration de la loi de la valeur à tous les aspects de la vie, y compris, bien sûr, la science, la médecine, la recherche…Le développement de la science dans cette phase du capitalisme implique aussi l’abandon du recours systématique à la religion ou à la croyance magique pour expliquer le fonctionnement du monde et donc, une démystification non négligeable pour la pensée humaine. Enfin, cette période est aussi celle du développement d’une réflexion, d’une théorie révolutionnaire.

Lorsque la domination réelle devient le mode dominant de fonctionnement du système, la dévalorisation massive donne au système son caractère de destruction massive généralisée. Je viens de le rappeler, plus aucun domaine de l’activité des hommes n’échappe à la loi de la valeur, une partie chronique du prolétariat est devenue excédentaire et la perspective globale s’inverse donc de façon fondamentale : là où le capitalisme ascendant pouvait contenir certaines améliorations pour la vie des individus, la phase où prédomine la nécessité de dévalorisation massive n’est plus porteuse que d’une perspective majoritairement destructrice.

Le système a créé les possibilités d’un mieux être matériel et de la suppression de la pénurie et le système maintient artificiellement la pénurie et corrompt absolument toutes les possibilités de mieux être réel.

3. DÉVELOPPEMENT DES FORCES PRODUCTIVES ET DÉCADENCE:

C’est cette inversion de perspectives, conditionnée par la manière même dont le système se développe qui explique qu’il n’y a pas contradiction mais liaison entre développement des forces productives et décadence.

Nous devons resouligner que le fait d’assimiler décadence et arrêt ou ralentissement dans le développement des forces productives était une manière erronée de décrire le fonctionnement du système. Celui-ci doit absolument développer les forces productives et il le fait de façon exponentielle. Mais c’est précisément ce développement qui provoque l’aggravation de ses contradictions internes et la perspective de sa propre décadence.

Le développement du système, particulièrement dans sa phase de décadence, nous a d’ailleurs habitué à cette coexistence de contradictions de plus en plus intenses : la production de valeurs entraîne la nécessité de détruire de la valeur ; l’extension des frontières du marché mondial entraîne un repli sur des entités régionales ou locales ; la circulation harmonieuse des biens et des capitaux dans ce grand marché sans barrières ni frontières augmente les tensions inter-impérialistes entre les Etats.

4. DÉCADENCE ET EFFONDREMENT:

Cet approfondissement des contradictions au sein du système ne signifie pas pour autant que ce système va s’écrouler de lui-même pour laisser la place vide au prolétariat. Un système peut être miné par sa crise interne, connaître un fonctionnement de plus en plus problématique, développer des pratiques de plus en plus folles, il ne disparaît pas pour autant.

Nous sommes donc opposés à une vision déterministe ou mécaniste de l’histoire qui verrait un système aller vers sa fin historique inéluctable et un prolétariat cueillant par la force des choses les fruits de cet aboutissement. D’une certaine manière, la vision « économiste » développée par le CCI (et par nous dans le passé) menait à cette perspective inéluctable : la décadence étant vue comme un déclin économique, elle devait forcément connaître une chute finale.

Le processus révolutionnaire n’est pas un processus économique mais un processus politique global. Et si une perspective se bouche de plus en plus dans un système, ceci n’implique pas nécessairement que les conditions de maturité politiques existent pour qu’une classe se dégage de se système pour en créer un autre. Une des caractéristiques que nous avons soulignée lorsque nous avons abordé la question de la lutte de classe est que le MPC était un mode de domination de l’ensemble de la société et de ses rapports objectifs et subjectifs, les deux étant intimement liés. C’est donc le fonctionnement capitaliste qui modèle le mode de subjectivation des individus et rien, à priori, ne peut nous garantir que l’approfondissement des contradictions qui se développent au sein du système va nécessairement déboucher sur une action révolutionnaire du prolétariat. Contradiction vivante au sein de ce système, il est le représentant potentiel de la survie de l’espèce humaine. Mais pour réaliser ce changement, il faut que le prolétariat développe sa conscience et son action politique à l’encontre du système.

5. LE «MÛRISSEMENT» DES CONDITIONS DE LA REVOLUTION:

En cela, parler de « mûrissement » des conditions objectives ou subjectives est une manière mécanique et réductrice de voir les choses. Elle correspond bien à cette vision « économiste » de la décadence d’un processus linéaire et inéluctable menant à une fin nécessaire. La maturité des conditions objectives impliquerait que les conditions de la révolution seraient liées à l’évolution économique d’un système et qu’un niveau de crise donné signifierait la nécessaire entrée en scène de la classe révolutionnaire. La maturité des conditions subjectives donne de la conscience politique du prolétariat une vision statique qui ne serait plus comprise comme le développement d’un processus vivant, contradictoire et aléatoire, mais comme le rassemblement presque mathématique d’un certain nombre de critères devant être réunis pour qu’une révolution émerge.

Nous savons que les choses se passent de manière beaucoup plus complexe et que la conscience politique de la classe révolutionnaire se constitue au travers de la pratique quotidienne d’opposition à la classe dominante. Que cette conscience politique a à se constituer dans une contradiction entre la manière dont la société induit les modes de pensée et de subjectivation du prolétariat et dans l’autonomisation progressive par rapport à ces modes de subjectivation imposés par l’idéologie dominante. De même, nous n’avons pas à envisager le seul impact de l’évolution du MPC sur la conscience et l’activité de la classe mais à apprécier l’impact mutuel que ces deux termes à la fois unis et contradictoires ont l’un sur l’autre.

6. CONTEXTE ACTUEL POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA LUTTE ET DE LA CONSCIENCE DE CLASSES:

Dans cette période de décadence, la lutte de classe change d’objectif : elle ne peut plus se limiter à la seule résistance aux conditions d’exploitation comme elle le faisait en période d’ascendance du système, elle doit désormais devenir une lutte d’opposition au système dans son ensemble. Ceci a d’autres implications : qu’elle nécessite une appréhension beaucoup plus globale, qu’elle n’est plus constituée que par une série de défaites (les brèves victoires économiques ponctuelles n’amènent pas de solutions réelles), que les organes des luttes économiques sont devenus des organisations périmées qui maintiennent la lutte sur le terrain stérile de la lutte économique et de la négociation des conditions de travail là où la perspective d’un mieux-être des travailleurs nécessite une opposition plus fondamentale. Lorsque P.I. a parlé de « nouvelle période » pour caractériser les mouvements sociaux de 1995-96, ce n’était pas pour indiquer que nous repartions dans une « vague ascendante » de luttes (au sens où le CCI modélisait la lutte de classe en vagues successives et repartant du point le plus haut atteint par la lutte précédentes). Il s’agissait pour nous d’une série de luttes qui venaient questionner les perspectives générales offertes par le système en place. Même si ce questionnement se posait en termes flous, il fallait quand même en souligner le caractère nouveau. A un autre niveau, les conditions changent entre période ascendante et période de décadence et, entre autres pour ce qui concerne la lutte parlementaire et des partis politiques dont l’objectif est la négociation autour de la condition de travailleur dans le rapport capitaliste et non l’opposition à celui-ci. Ce combat devient obsolète et, pire, maintient les travailleurs dans l’incompréhension des nécessités posées par la période de décadence.

La lutte de classes recouvre un antagonisme profond fruit d’un rapport social global. Ce rapport social global est, comme le dit Marx, « un rapport social entre personnes médiatisé par des choses. Mais pas des personnes individuelles : c’est un rapport d’ouvriers à capitalistes, de fermier à propriétaires fonciers, (etc.) ». Si on parle de ce rapport social global, on parle à la fois d’une totalité à comprendre comme telle mais surtout, un système vivant, qui connaît des transformations : c’est l’histoire du MPC et des transformations profondes qui jalonnent son existence. Et si cette totalité se transforme, elle en transforme forcément tous les composants.

Parler d’une périodisation du MPC implique la capacité à comprendre l’histoire comme l’évolution de systèmes vivants qui correspondent à des nécessités qui évoluent et sont transformés, remplacés selon les besoins et sous la pression de l’activité des hommes. Mais cela veut dire aussi que les conditions d’existence ainsi modifiées viennent à leur tour changer de façon profonde les conditions dans lesquelles les hommes devront développer leur activité et se développer eux-mêmes.

Rose
Mai 2005.


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